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Grande-Bretagne: un hôpital public confié au privé, le personnel reste employé de l'Etat

 

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Une entreprise privée va gérer, pour la première fois au Royaume-Uni, un hôpital administré jusqu'à présent par le public, mais les salariés de cet établissement resteront payés par l'Etat, a annoncé jeudi le service britannique de santé publique.

 

Un hôpital anglais

Source photo : Adrian Dennis [AFP/Archives]


Un opérateur privé d'établissements hospitaliers, la société britannique Circle, "va récupérer la gestion" de l'hôpital de Hinchingbrooke à Huntington, dans l'est de l'Angleterre, à compter du 1er février 2012, a indiqué le National Health Service (NHS) dans un communiqué.

C'est la première fois qu'une société privée va gérer la totalité d'un hôpital public au Royaume-Uni. Il s'agit d'une "nouvelle forme de gestion révolutionnaire", selon le NHS. Jusqu'à présent, seulement certains services dans des établissements publics britanniques étaient gérés par le secteur privé.

"Il ne s'agit pas d'une privatisation. Le personnel et les biens (de cet établissement) resteront au sein du NHS", a assuré le NHS.

"Sans ce partenariat, l'avenir de Hinchingbrooke aurait pu être incertain. Maintenant nous avons une solution qui vise à rembourser la dette de l'hôpital qui s'élève à près de 40 millions de livres (46 millions d'euros) (...) Les patients continueront à recevoir des services de haute qualité du NHS de la part du personnel du NHS", a assuré le National Health Service.

Le contrat conclu entre le NHS et Circle, d'un montant d'un milliard de livres (1,2 milliard d'euros), a été signé pour une période de dix ans. Le processus visant à confier la gestion au privé de cet établissement de près de 300 lits avait été lancé par le précédent gouvernement travailliste, qui a quitté le pouvoir en mai 2010.

Il a été parachevé alors que l'actuel gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron a engagé une réforme en profondeur du NHS, le plus grand service public de santé au monde. Le gouvernement a cependant été contraint d'édulcorer son projet, sous la pression de personnels de santé, de syndicats et du grand public.

Le principal syndicat britannique de la fonction publique, Unison, a aussitôt mis en garde contre l'accord.

"Nous avons de grosses inquiétudes concernant les emplois", a expliqué Unison dans un communiqué.

Circle est "actuellement dans une situation vulnérable et le rachat pourrait conduire à un deuxième Southern Cross, en faisant poser des risques pour les patients", a-t-il encore estimé, en référence à la quasi-faillite du plus gros opérateur privé de maisons de retraite au Royaume-Uni.

L'annonce en juillet de la fermeture progressive de Southern Cross, qui gérait 750 établissements, avait relancé le débat sur la pertinence de confier au privé des services publics.

AFPSource AFP
modifié le 14/11/2011