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Greffe : un foie partagé qui sauve deux vies

 

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Deux patients adultes, qui ont un groupe sanguin rare, ont pu bénéficier simultanément d'une transplantation avec le foie d'un donneur décédé, partagé en deux grâce une technique favorisant le succès de la greffe, selon l'hôpital Saint-Antoine (Paris, AP-HP).

 

Un bloc opératoire

Source photo : Patrick Valasseris [AFP/Archives]


La façade de l'hôpital Saint-Antoine à Paris

Source photo : Benjamin Gavaudo [AFP/Archives]


"L'homme et la femme se portent bien et sont rentrés chez eux", a indiqué à l'AFP le professeur Olivier Soubrane qui a dirigé l'opération réalisée le 5 janvier dernier.

Les deux patients ont un même groupe sanguin rare "AB", ce qui rendait encore plus difficile de trouver un foie compatible.

Ils ont pu bénéficier simultanément d'un même greffon grâce à la séparation "in situ" en deux, du foie d'un donneur décédé ("mort encéphalique"), dont l'activité cardiaque et l'oxygénation ont été maintenues quelques heures à l'aide d'appareils.

Il s'agissait d'"indications classiques" pour cette transplantation (maladies virales telles une cirrhose consécutive à une hépatite C, ou encore petit cancer...), explique-t-il.

La technique utilisée, dite du "split" (diviser en Anglais) consiste à partager le foie du donneur en deux parties qui correspondent respectivement à la partie gauche (environ 1/3 du foie) et à sa partie droite.

Elle est utilisée, dans la grande majorité des cas, pour permettre une greffe de foie chez un enfant qui reçoit la partie gauche, plus petite, l'adulte recevant la partie droite.

Le partage est généralement fait, après avoir prélevé l'organe entier, car c'est "techniquement" plus simple et un peu moins long.

Mais les chirurgiens de Saint-Antoine ont réalisé le partage de l'organe directement dans l'abdomen du donneur décédé à l'hôpital Henri Mondor (Créteil), c'est-à-dire avant de l'avoir prélevé.

Ce mode de partage du foie chez un donneur décédé nécessite des équipes chirurgicales très entraînées et une coordination avec les équipes de prélèvement.

Avantages: le greffon saigne moins une fois greffé et la période où il a manqué d'oxygène est raccourcie. D'où une "qualité" des greffons bien supérieure qui contribue au succès de la greffe.

Cette bipartition du foie pour deux receveurs adultes, en dépit de son intérêt face à la rareté des organes disponibles, reste très peu employée dans le monde du fait des difficultés techniques, notamment d'implantation de la partie gauche du foie.

Mais "la chirurgie a fait des progrès (gestes, contrôle du débit sanguin qui traverse le foie, etc.)", ajoute le Pr Soubrane.

En France, moins de 5% des greffes sont faites avec un foie partagé.

Cette avancée ouvre des perspectives nouvelles pour la transplantation hépatique chez les adultes alors qu'on manque d'organes : pour 1.900 malades inscrits en liste d'attente, on ne dénombre que 1.000 greffes par an.

Les progrès du "split" pour adultes pourraient aussi favoriser les greffes hépatiques faites à partir de donneurs vivants intrafamiliaux.

AFPSource AFP
modifié le 11/04/2011