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Grippe H1N1: l'UE veut mieux coordonner son action à l'avenir

 

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La Commission européenne prépare pour l'automne une série de recommandations pour mieux coordonner la gestion des pandémies dans l'UE, après les critiques formulées contre les dépenses imposées pour lutter en 2009 contre la grippe H1N1, a annoncé lundi le commissaire à la Santé, John Dalli.

 

Centre de vaccination à Lyon, le 28 novembre 2009

Source photo : Philippe Merle [AFP/Archives]


Roselyne Bachelot, auditionnée par la commission d'enquête du Sénat sur la gestion par le gouvernement de la grippe A (H1N1), à Paris le 23 mars 2010

Source photo : Miguel Medina [AFP/Archives]


"Nous allons proposer à l'automne une coordination entre les Etats pour l'acquisition de médicaments et de vaccins et nous proposerons un système de stockage sur une base volontaire", a-t-il précisé à l'issue d'une réunion des ministres de la Santé de l'UE à Bruxelles, la première du semestre de présidence assuré par la Belgique.

"Agir chacun de son côté pour les achats a mis les Etats en situation de concurrence les uns avec les autres face à l'industrie pharmaceutique et beaucoup d'Etats ont été perdants", a-t-il souligné.

Les décisions concernant l'achat et l'administration des vaccins relèvent de l'autorité des gouvernements nationaux, souligne toutefois l'exécutif bruxellois.

La ministre belge de la Santé, Laurette Onkelinx, a salué "une évolution des mentalités" chez ses homologues "en faveur d'une stratégie d'acquisition commune de vaccins et d'un stockage".

Ces deux propositions, déjà formulées en 2008 par la France durant son semestre de présidence de l'UE, avaient été à l'époque "rejetées par 22 des 27" gouvernements de l'UE, a-t-elle rappelé.

"Lorsque le virus A H1N1 est arrivé, ça a été la course à l'échalote pour les achats de vaccins et nous nous sommes retrouvés en position de faiblesse face à l'industrie. Nous aurions été plus forts si nous avions travaillé conjointement et certaines clauses imposées par l'industrie auraient pu être évitées", a souligné Mme Onkelinx.

Décriée comme "l'un des plus grands scandales médicaux" par le docteur Wolfgang Wodarg, président de la sous-commission santé de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, la gestion de la grippe A H1N1 a mis sur la sellette de nombreux dirigeants politiques, notamment la ministre française de la Santé, Roselyne Bachelot, et mis à mal la réputation de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Les questions posées sont multiples. Elles concernent le rôle des laboratoires pharmaceutiques, accusés de s'être enrichis grâce à cette crise, et la justification des dépenses engagées pour les achats de vaccins.

Un groupe d'élus du Parlement européen a tenté d'obtenir la création d'une commission d'enquête sur la gestion de la pandémie au niveau de l'UE, mais les deux principaux groupes politiques, les conservateurs et les socialistes, ont refusé cette demande, selon l'élue française Corinne Lepage, de l'Alliance des Démocrates et Libéraux (ADLE).

La directrice générale de l'OMS pour l'Europe, Zsuzsanna Jakab, a participé à la réunion de l'UE à Bruxelles et a "expliqué les procédures et les protocoles pour la prise de décision".

"Nous ne jugeons pas l'OMS", a souligné M. Dalli. "Il n'est pas question de remettre en questions ses méthodes d'évaluation du risque et l'organisation n'a pas été influencée par l'industrie pharmaceutique."

Le commissaire européen a toutefois souligné que "l'OMS est en train de réviser sa position sur les experts impliqués dans le processus de décision".

AFPSource AFP
modifié le 06/07/2010