Hausse inquiétante des méningites à pneumocoques
Malgré un taux de couverture vaccinale élevé, la méningite à pneumocoque progresse en France. Les experts surveillent cette montée épidémique et explorent différentes hypothèses?
La rougeole n’est pas la seule maladie à faire une progression inquiétante en France malgré l’existence d’un vaccin. La méningite à pneumocoques revient sur le devant de la scène, alors que paradoxalement 85% des nourrissons ont été vaccinés en 2008 par le vaccin Prevenar. Intégré dans le calendrier vaccinal, celui-ci est recommandé à tous les nourrissons de moins de 2 ans et il protège actuellement contre 13 types différents de pneumocoques (sérotypes). Alors que la vaccination contre la rougeole est clairement insuffisante, expliquant la recrudescence de la maladie, ce n’est pas le cas avec la méningite car la couverture vaccinale est plutôt élevée. Pourtant, alors qu’« il y avait en France en 2002-2003, un peu moins de 600 méningites à pneumocoques chaque année, ce chiffre est passé à un peu plus de 800 par an en 2008-2009 ».
Pour expliquer ce phénomène, plusieurs hypothèses sont évoquées, dont les campagnes pour limiter l’usage des antibiotiques en cas de rhinite par exemple, ou encore, sachant qu’il existe plus d’une trentaine de pneumocoques, la vaccination qui protège actuellement contre 13 souches, aurait pu contribuer à sélectionner de nouvelles souches de pneumocoques pathogènes. Enfin, les souches non vaccinales (et plus sensibles) auraient pu évoluer, devenant plus épidémiques.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Congrès mondial sur les maladies infectieuses (ICAAC), 3 octobre 2011, Chicago, intervention du Pr Guillemot D., pharmaco-épidémiologiste à l\'Inserm. Crédit image : Fotolia.com © Dmitry Naumov












