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Hôpitaux: beaucoup plus de lits fermés que ne le dit le gouvernement, selon les urgentistes

 

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L'Association des médecins urgentistes hospitaliers (Amuhf) estime qu'il y a "entre 20 et 30%" de lits fermés dans les hôpitaux français pendant l'été et non 5% à 10% comme l'affirme le gouvernement.

 

Une patiente transportée par un soignant en décembre 1999 à l'hôpital Saint-Louis à Paris, un des établissements de l'AP-HP

Source photo : Jack Guez [AFP/Archives]


"Nous ne sommes pas du tout d'accord avec le monde des Bisounours décrit par (Roselyne) Bachelot", a déclaré lundi à la presse le président de l'Amuhf, Patrick Pelloux.

La ministre de la Santé a annoncé le 1er juillet 95% de lits ouverts en juillet en moyenne et 90% en août.

"Il n'y a pas du tout 95% de lits ouverts", a continué M. Pelloux, car ces chiffres "ne comptent pas les lits fermés pour travaux, pour des infections nosocomiales (contractées à l'hôpital, ndlr) ou par manque de personnel".

On compterait en réalité "entre 20 et 30% de fermetures" l'été parce qu'"en permanence, toute l'année, il y a déjà entre 10 et 15% de lits fermés faute de personnel", a précisé le porte-parole de l'Amuhf, Christophe Prudhomme.

Or, "il y a une augmentation des passages (à l'hôpital) dûs à la chaleur, notamment de personnes âgées", selon Patrick Pelloux, alors que la France vient de connaître plusieurs jours de fortes chaleurs et même de canicule dans certaines régions.

"Dès que vous avez un coup de chaleur, vous avez une augmentation des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux, des embolies pulmonaires, c'est physiologique", a encore expliqué M. Pelloux.

Christophe Prudhomme a estimé qu'il avait ces derniers jours "5 à 15 ou 20%" de passages en plus selon les endroits, "ce qui n'est pas monstrueux mais comme on est déjà à flux tendu", les patients ne trouvent pas de lits.

Résultat, les "hospitalisations brancards" --lorsque les malades patientent sur des brancards dans les couloirs-- se multiplient, affirme le syndicat.

"Il faut accepter que des lits soient vides et avec les personnel en nombre, au cas où", a dit M. Pelloux, notant qu'il faut toujours une marge de 15% de lits libres pour qu'un hôpital fonctionne correctement.

"Il faut embaucher", a affirmé M. Prudhomme, alors que le gouvernement prévoit le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux.

AFPSource AFP
modifié le 12/07/2010