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Hormones de croissance: la cour épluche les méthodes de l'institut Pasteur

 

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Entre discours scientifique pointu et souvenir confus des témoins, la cour d'appel de Paris a tenté de cerner mercredi la rigueur des pratiques du laboratoire de l'Institut Pasteur chargé d'extraire l'hormone de croissance.

 

Le biochimiste Fernand Dray arrive à la 1ère chambre de la cour d'appel de Paris, le 4 octobre 2010, pour le procès de l'hormone de croissance

Source photo : Jacques Demarthon [AFP/Archives]


De 1973 à 1988, l'Unité de Radio-Immunologie analytique (Uria) a extrait l'hormone de croissance destiné aux enfants trop petits à partir des hypophyses, ces glandes crâniennes prélevées sur les cadavres.

L'ancien directeur de l'Uria, Fernand Dray, est poursuivi pour les négligences que son laboratoire aurait commises dans l'extraction et la purification des hormones qui ont transmis la maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ).

Des fautes qui s'ajouteraient à celles commises en amont lors des prélèvements et de la collecte des glandes, puis en aval dans le conditionnement de l'hormone en médicament par la Pharmacie centrale des hôpitaux.

Michel Keller, 63 ans, ancien technicien du laboratoire mettait en oeuvre les protocoles validés par le Pr Dray et souligne que "les techniques ont évolué au fur et à mesure des connaissances et des résultats obtenus".

Mais il déclare "ne plus bien se souvenir", hésite, se contredit, se voit taxé de "télescopage mémoriel" par le toujours alerte Fernand Dray, 88 ans, qui n'hésite pas à reprendre son ancien employé.

Sous l'insistance de l'avocat général et des parties civiles, Michel Keller retient quelques faits qui lui semblent "sûrs, à peu près sûrs, quasiment sûrs": qu'un certain nombre d'hypophyses livrées congelées par les collecteurs présentaient un aspect "sale", se mêlaient à des bouts d'os, de membranes; qu'il en avait informé le Pr Dray; que le risque contaminant de ces tissus étaient connus depuis une note d'alerte du professeur Luc Montagnier.

"Pourquoi ne pas avoir approfondi les recherches entamées pour trouver une méthode de purification capable d'inactiver les virus les plus résistants ?", interroge une avocate des parties civiles.

"On ne pouvait pas vérifier tous les virus possibles. Il fallait savoir au départ que l'hypophyse était contaminée", remarque M. Keller.

La faiblesse des connaissances scientifiques dans les années 80 est de nouveau invoquée. Joëlle Chabry, chercheuse à l'Inserm, relève que "l'idée qu'un agent infectieux pouvait être exclusivement de nature protéique était presque révolutionnaire à l'époque".

AFPSource AFP
modifié le 14/10/2010