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Hormones de croissance: le douloureux parcours des jeunes victimes

 

Enfants et Adolescents

 

De l'annonce de la maladie à l'agonie au domicile familial, le procès de l'hormone de croissance a entamé mardi l'évocation du douloureux parcours des jeunes victimes de ce traitement, décédées de la maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ), et de leurs familles.

 

Francis Szpiner, un des avocats de la partie civile s'entretient avec des familles de victimes, le 4 octobre 2010, lors de l'ouverture du procès en appel de l'hormone de croissance

Source photo : Jacques Demarthon [AFP/Archives]


Arlette et Pierre Vincent posent le 24 septembre 2010 à leur domicile d'Arnouville-lès-Gonesse, avec la photo de leur fille Marlène décédée après un traitement à l'hormone de croissance.

Source photo : Jacques Demarthon [AFP/Archives]


Le pédiatre Thierry Billette de Villemeur a examiné 91 des 119 jeunes officiellement morts de la MCJ après avoir été traités à l'hormone de croissance dans les années 1980 parce qu'ils étaient trop petits.

Venu témoigner devant la cour d'appel de Paris qui juge cette affaire depuis début octobre, il a décrit les différentes étape de cette maladie "qui commence toujours par une difficulté de la marche, des troubles de l'équilibre", auxquels s'ajoutent progressivement troubles cognitifs, puis démence.

Après la "sidération" du corps médical face aux premiers cas de MCJ liés à l'hormone, chaque annonce, au patient et sa famille, du mal qui le rongeait, était une épreuve: "J'ai vu des parents venir avec la terreur qu'on leur confirme ce qu'ils redoutaient et qui cherchaient à protéger leur enfant. J'ai vu des jeunes qui soit n'en parlaient pas, soit posaient d'emblée la question de la MCJ", a raconté le docteur Billette de Villemeur.

Caractéristique notable des jeunes victimes de l'hormone: "l'évolution foudroyante" de la pathologie qui les a conduits en 17 mois, en moyenne, à une mort inexorable.

"Le cerveau connaît une destruction très rapide. Ne restent que les fonctions vitales: le coeur du patient bat, il respire", mais il a perdu toute autonomie, a rappelé le médecin.

Dans la plupart des cas, le malade finit ses jours au domicile familial où l'accompagnement de ses proches "constant, jour et nuit" est "nécessaire, incontournable", a-t-il encore décrit, soulignant l'absence de places pour ces patients dans les structures hospitalières.

Après trois semaines de débats scientifiques sur les conditions de fabrication de l'hormone de croissance, mises en cause dans la survenue du drame, le témoignage du médecin a ouvert une première fenêtre sur le vécu des victimes.

Leurs proches, parties civiles au procès, se succéderont à la barre durant 4 jours entre les 4 et 10 novembre. L'audience est prévue jusqu'au 24 novembre.

AFPSource AFP
modifié le 27/10/2010