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Hypersexualité et Parkinson: jugement reporté, les malades s'organisent

 

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La justice a reporté d'une semaine sa décision sur les réparations demandées par un homme qui affirme être devenu accro au jeu et au sexe à cause du Requip, un médicament contre la maladie de Parkinson, affaire qui conduit d'autres patients à se mobiliser contre des laboratoires.

 

Didier Jambart, un patient français qui attaque le laboratoire GlaxoSmithKline, réagit à l'annonce du report du jugement le 24 mars 2011 à Nantes

Source photo : Damien Meyer [AFP]


Des médicaments fabriqués dans une usine aux Etats-Unis, en 2010

Source photo : Stan Honda [AFP/Archives]


Didier Jambart, un père de famille de 51 ans, avec ses deux avocats angevins, Gérard Marot et Antoine Béguin, devra attendre jeudi prochain pour connaître le jugement du tribunal de grande instance de Nantes sur ce médicament fabriqué par GlaxoSmithKline (GSK).

"C'est un dossier très compliqué, on peut comprendre que la justice souhaite un délai supplémentaire", a déclaré Me Béguin.

Selon les avocats, l'audience du 1er février, au cours de laquelle Didier Jambart a décrit sa "vie brisée", a "ouvert la boîte de Pandore": une centaine de personnes souffrant d'effets secondaires similaires ont pris contact et une quinzaine de dossiers sont en cours de préparation, selon eux.

Dans la Sarthe, la famille d'un septuagénaire en proie à une hyperactivité sexuelle après un traitement pour un Parkinson vient également de lancer une procédure en référé contre le neurologue qui a prescrit son traitement (Sifrol, Stalevo, Requip et Azilect) et les laboratoires concernés.

Ce grand-père sans histoire a fait vivre un cauchemar à son épouse et s'est livré à des attouchements sur sa petite fille de 11 ans. Il a depuis été hospitalisé.

Dans ce dossier, "l'objectif est d'obtenir la désignation d'un expert judiciaire, pour savoir lequel de ces médicaments fait des malades des robots sans conscience", a expliqué à l'AFP l'avocat de la famille, Me Victor Gioia du barreau de Marseille.

"On est au début d'un véritable scandale de la maladie de Parkinson", a-t-il affirmé, en écho de ses confrères angevins.

"Aux Etats-Unis, nous savons que dans des cas similaires, où cette molécule est impliquée dans des dossiers d'agressions sexuelles, GSK est actuellement en train de négocier avec les avocats", a souligné en écho Me Marot.

"Peu de personnes ont été informées des effets du traitement, ou mal informées (...). C'est comme avoir donné une potion magique à des gens sans leur donner le mode d'emploi", a estimé Me Gioia.

Denis Jambart a ainsi sombré dans un besoin compulsif de jouer, dilapidé les économies familiales et volé les coordonnées bancaires de collègues et de proches, ce qui lui valu un déclassement professionnel. Son hypersexualité compulsive l'a conduit à s'exhiber sur internet, à se travestir et à se faire violer.

"Parfois, c'est bien pire", souligne Me Benin, avec "des gens en prison pour des agressions sexuelles, des suicides".

Me Gioia dit avoir reçu dix dossiers de victimes potentielles et avoir été contacté par des victimes au Canada. Il a créé une organisation mondiale "Parkinson international victims", pour les centraliser, avec un site internet bientôt opérationnel, pour "récupérer des outils statistiques", avec "une réactivité mondiale".

Face à "ces drames humains, avec des familles brisées, les familles doivent s'unir pour faire face aux laboratoires", a-t-il dit.

En octobre 2009, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) avait évoqué dans son bulletin les risques de troubles de type "dépendance aux jeux", "comportements répétitifs", "achats compulsifs" et "hypersexualité" liés aux médicaments comme Requip, Sifrol et Stalevo.

L'AFSSAPS a recensé au 1er décembre 2008 une centaine de cas en France.

AFPSource AFP
modifié le 27/03/2011