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Incontinence: pas une fatalité, des traitements médicaux et chirurgicaux

 

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L'incontinence urinaire, qui touche quelque 2,6 millions de personnes de plus de 65 ans, soit une sur quatre, ne devrait pas être taboue et n'est pas une "fatalité", avec une gamme de traitements médicaux ou chirurgicaux de plus en plus efficaces, selon les urologues.

 

Des personnes âgées dans une maison de retraite

Source photo : Thierry Zoccolan [AFP/Archives]


L'incontinence touche ou touchera dans sa vie une femme sur deux, un peu plus que les hommes.

C'est "un phénomène neuro-musculaire complexe", explique le Dr Patrick Coloby, président de l'Association française d'urologie, qui organise du 14 au 20 mars la "Semaine de la continence urinaire".

En vieillissant, la vessie perd de son élasticité et contient moins, son muscle se contracte plus souvent, suscitant des envies pressantes, les récepteurs qui contrôlent le remplissage fonctionnent moins bien, donc les besoins se font sentir plus tard. Les sphincters et le périnée ont moins de tonus, verrouillant moins bien la vessie. Enfin les rythmes jour/nuit sont perturbés, multipliant les mictions nocturnes.

L'incontinence peut être de deux types, rappelle Gilles Karsenty, professeur d'urologie.

Il y a l'incontinence d'effort, sans signe d'alerte, quand la force de rétention de l'urètre est insuffisante et que des fuites se produisent -quand on éternue, quand on tousse, quand on marche- "du fait d'une résistance faible à la pression".

Il y a aussi l'incontinence d'urgence, quand "le réservoir de la vessie ne fait plus son travail de réservoir" et que le système de retenue est sollicité de façon excessive.

Vécue souvent comme une fatalité, l'incontinence des personnes âgées constitue un handicap, qui peut conduire à une désocialisation et à une dépendance. "Elle a alors le sentiment de ne plus avoir le contrôle de son corps, ne va plus à son club ou chez ses amis, met une couche", note le Pr Thierry Lebret. Son motto : "non aux couches pour tous".

Le problème c'est que nombre de patients hésitent à en parler. Pourtant, "plus tôt on l'aborde, plus tôt on trouve une solution, moins il y a de retentissement plus tard", note le Dr Isabelle Tournerie, médecin généraliste.

En outre, "laisser traîner c'est aggraver le handicap" et ses conséquences sociales, souligne le Pr Emmanuel Chartier-Kastler.

Les traitements, après bilan -relève des volumes et des heures, examen clinique, analyse bactériologique voire échographie-, peuvent être médicaux ou chirurgicaux.

Côté médical, on peut procéder à une rééducation visant à renforcer les muscles du périnée. On peut encore donner un traitement médicamenteux : anticholinergiques, alpha-bloquants -chez les hommes-, traitements hormonaux locaux -chez les femmes.

Si la qualité des tissus est bonne, on peut aussi faire un traitement chirurgical, qui est mini-invasif et "sous-utilisé", selon le Pr Karsenty.

S'il s'agit d'une incontinence d'effort, il faut alors "augmenter les forces de retenue", en ciblant l'urètre et les sphincters. On peut insérer des "agents comblants", des "ballons de compression", des bandelettes sous-urétrales, voire, dans les cas extrêmes, un sphincter artificiel.

S'il s'agit d'une incontinence dite "par urgenterie", il s'agit de "réduire les forces d'expulsion". On peut procéder alors à une stimulation électrique ou chimique, ou encore à une reconstruction pelvienne.

Il ne faut pas pour autant dramatiser le tableau : à 80 ans, la majorité des gens n'ont pas d'incontinence urinaire, ou seulement des symptomes mineurs, relève le Pr Gilberte Robain, rééducatrice.

AFPSource AFP
modifié le 15/03/2011