Infarctus : réagir vite, très vite
Chaque année 100.000 personnes font un infarctus du myocarde, 13.000 en meurent: mais encore trop de Français l'ignorent, chaque minute compte pour améliorer les chances de survie et réduire le risque de séquelles.

Source photo : Mychele Daniau [AFP/Archives]
Diabète, hypertension, tabac, surpoids et obésité et hérédité font partie des facteurs de risque de crise cardiaque, qui augmente aussi avec l'âge.
"Il y a 20 millions de personnes à risque en France", selon le Pr Claude Le Feuvre (Fédération française de cardiologie).
"Pour l'attaque cérébrale comme pour la crise cardiaque, plus vite on appelle le 15 (Samu), mieux c'est", souligne le Dr Jean Fajadet, expert de cardiologie interventionnelle (clinique Pasteur, Toulouse).
Pourtant, moins de la moitié des Français (49%) appellent le 15 lorsqu'ils ressentent les symptômes de l'infarctus du myocarde, constate le Dr Patrick Goldstein, chef de Samu régional et du pôle urgences du CHU de Lille.
Et cela depuis des années, déplore l'urgentiste qui ne relève "pas de progrès" dans l'enquête 2010 de l'observatoire français Stent for Life, concernant 200 patients (dont près de 30% de femmes) de cinq départements.
Le circuit optimal est le plus court: appel du 15 - intervention du Samu/Smur et arrivée du patient directement sur la table d'angioplastie pour déboucher l'artère coronaire obstruée. "Tout cela en moins de 90 minutes", sans passer par les urgences, ni perdre de précieuses minutes à l'intérieur de l'hôpital, indique le Dr Fajadet.
A éviter : passer par le généraliste, SOS-médecins, le cardiologue ou les pompiers ou se rendre aux urgences. Plus on multiplie les intermédiaires, plus on perd de temps et plus le risque de mortalité augmente, relèvent les spécialistes.
Pire, certains patients réagissent beaucoup trop tard et ne passent pas d'appel pour obtenir de l'aide (un quart des patients, selon l'enquête).
Avec "200 centres d'angioplastie, la France peut répondre à la demande", remarque le Pr Martine Gilard.
Mais, frein à l'efficacité, "tous ne fonctionnent pas 24h/24h et 7 jours sur 7", admet le Dr Fajadet. La France fait ainsi moins bien que d'autres pays comme le Danemark, voire la Pologne ou la République Tchèque, en nombre d'angioplasties par million d'habitants/an (de l'ordre de 800 contre 400 pour la France), ajoute le Dr Fajadet.
L'infarctus se manifeste généralement par une douleur "serrant" fortement dans la poitrine et pouvant irradier dans la mâchoire et/ou dans les bras. Il est souvent associé à un malaise, des sueurs. Parfois, les troubles digestifs (nausées, vomissements) peuvent prédominer. Il peut d'emblée provoquer un arrêt cardiaque, ce qui nécessite un massage cardiaque en attendant l'arrivée du Smur-Samu et le recours à un appareil "défibrillateur" s'il y en a un accessible.
L'équipe médicale envoyée par le SAMU réalise un électrocardiogramme pour voir si les artères sont totalement bouchées. Le débouchage des artères du coeur, en urgence, peut alors se faire sur place par injection (thrombolyse) et/ou après transfert en cardiologie interventionnelle (angioplastie).
Les spécialistes se sont donné pour objectif d'améliorer la prise en charge dans cinq départements pilotes (Nord, Essonne, Haute-Savoie, Côte d'Or et Haute-Garonne), à l'aide notamment en avril d'une campagne d'information auprès du public et des professionnels. Un bilan sera dressé et, s'il est bon, "nous demanderons aux autorités de tutelle de l'appliquer à tout le territoire nationale", dit le Pr Gilard, coordinatrice du projet.
![]() | Source AFP modifié le 23/03/2011 |













