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IRM: la France en retard par rapport à ses objectifs et et à ses voisins

 

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La France souffre d'un retard chronique en matière d'Imagerie par résonance magnétique (IRM), par rapport à ses objectifs et par rapport à ses voisins, avec des délais d'attente dépassant 30 jours en moyenne pour un Français sur deux et des inégalités régionales criantes.

 

Appareil IRM au Cemrem de Marseille, en septembre 2008

Source photo : Anne-Christine Poujoulat [AFP/Archives]


Carte de France indiquant le nombre d'IRM par région et le délai moyen d'attente (90x103 mm)

Source photo : AFP/Infographie


Avec un tel délai (32,2 jours contre 34,6 en 2010), le pays est loin d'avoir comblé son retard et d'atteindre l'objectif (délai de dix jours) du Plan Cancer 2, selon la 8e enquête annuelle sur les délais d'attente pour passer une IRM réalisée pour l'association Imagerie Santé Avenir (Isa), représentant l'industrie.

Dans l'ensemble, la métropole (592 IRM de médecine civile) reste en dessous de l'objectif fixé pour 2011 de 10 appareils par million d'habitants, même si elle s'en rapproche (9,4 IRM) et de celui de 12 appareils/million d'ici 2013 pour les régions ayant la mortalité la plus élevées par cancers.

Un effort significatif s'impose et il faudrait au moins 130 appareils supplémentaires, selon le Dr Bruno Detournay de la société conseils Cemka-Eval.

La moyenne européenne des pays à revenus équivalents est de 17 IRM/million.

"On stagne, on patine, ce retard est toujours aussi inacceptable", s'insurge le Pr Jean-Pierre Pruvo, neuro-radiologue (Lille), secrétaire de la Société française de radiologie (SFR).

Il pointe l'accès "en urgence à l'IRM, scandaleusement insuffisant". Il y a là une perte de chances particulièrement pour le cancer et les accidents vasculaires cérébraux (AVC), souligne ce spécialiste. Sans omettre, ajoute-t-il, l'aspect économique car garder hospitalisés des patients en attendant l'accès à l'examen d'imagerie coûte cher.

"On parle d'équipements lourds mais les 400 lits de neuroscience (neuro-chirurgie, neurologie), c'est un million d'euros par jour, le prix d'une IRM", souligne-t-il.

Seules 4 régions comptent plus de 10 appareils par million d'habitants : la région Rhône Alpes (10,5/million), l'Ile de France/IDF (11,9), la Champagne-Ardenne (10,5) et le Nord-Pas-de-Calais (12,4).

A l'inverse, quatre régions ont un taux d'IRM très faible (inférieurs à 7 IRM par million d'habitants) : la Bourgogne, la Bretagne, la Corse et les Pays de Loire.

La région Nord-Pas-de-Calais, traditionnellement défavorisée, marque l'exception : elle dispose désormais du taux d'IRM (12 IRM/ million d'habitants contre 7,7 IRM en 2008) le plus élevé et devance ainsi l'IDF. Avec cette dernière, ce sont les deux seules parmi les dix régions les plus touchées par le cancer a atteindre l'objectif du plan Cancer en terme d'équipement.

Pour les délais d'attente "la situation est un peu désespérante" en Lorraine et en Auvergne (51,6 jours) ainsi qu'en Pays de la Loire (2 mois plein) où le délai est systématiquement le plus long (hors Corse). Le Nord-Pas-de-Calais présente le délai régional d'obtention des rendez-vous le plus court (20,7 jours) juste devant l'IDF.

Il y a aussi les besoins dont ne parle guère : ainsi, relève le Pr Jean-Pierre Pruvo (Lille) "le délai d'attente dépasse les 50 jours pour les femmes souffrant de douleurs pelviennes qui peuvent obérer leur fertilité, quand on ne se contente pas de leur dire +ça passera+".

Par ailleurs, la France devra aussi rattraper le train de la création des réseaux d'archivages et partages des images radiologiques entre établissements, utiles au suivi des patients.

AFPSource AFP
modifié le 12/05/2011