Accueil > Mag Santé > Ma santé > IRM : la France peine à combler son retard

IRM : la France peine à combler son retard

 

Ma santé

 

La France est toujours à la traîne en matière d'accès à l'Imagerie par résonance magnétique (IRM), alors que les besoins augmentent, et qu'elle devrait doubler son parc d'appareils pour se mettre à niveau.

 

Un médecin pratique un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM) sur un patient, le 24 novembre 2009 à l'IRCAD de Strasbourg.

Source photo : Maigrot [AFP/Archives]


Un médecin pratique un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM) sur un patient, le 24 novembre 2009 à l'IRCAD de Strasbourg.

Source photo : Maigrot [AFP]


Près de deux Français sur trois vivent dans des régions où le délai de rendez-vous dépasse encore les 30 jours.

En 2010, le délai d'attente moyen est de 34,6 jours, soit un chiffre comparable à 2009. Pour les industriels de l'imagerie, ce manque d'IRM "remet en cause l'assurance de l'accès aux meilleurs soins pour tous".

Avec un tel délai pour passer une IRM, la France est loin d'avoir comblé son retard et d'atteindre cette année les objectifs (délai de dix jours) du Plan Cancer 2, selon la 7e enquête annuelle sur les délais d'attente pour passer une IRM réalisée pour l'association Imagerie Santé Avenir (Isa), représentant l'industrie.

"Il n'y a pas de progrès dans les délais d'attente et les inégalités régionales restent très fortes", dit à l'AFP Dominique Blanc, président de l'Isa.

Ce délai dépasse 55 jours en Alsace, en Poitou-Charentes ainsi que dans les Pays-de-Loire. Cette dernière région a le taux d'équipement le plus faible et les délais parmi les plus longs (58,2).

Parmi les régions obtenant les délais les plus courts, figurent la Picardie (22,3 jours), l'Ile-de-France (24,9 jours) et Midi-Pyrénées (25,9 jours).

Particulièrement préoccupant, parmi les dix régions à plus fort taux de mortalité par cancer, six ont des délais dépassant 44 jours en moyenne avec un taux d'équipement bien inférieur à la moyenne nationale.

"La France métropolitaine dispose de 8,7 IRM par million d'habitants (543 appareils en médecine civile) or il en faudrait le double pour à la fois satisfaire les besoins actuels et intégrer les nouvelles applications médicales en cancérologie et cardiologie par exemple", ajoute le président de l'Isa.

La France peine à rattraper la moyenne d'Europe de l'Ouest qui était déjà de 17 IRM par million d'habitants (hors France) en 2009.

L'enquête a été faite par Cemka-Eval auprès de 502 structures. Il s'agissait de prendre un rendez-vous pour un supposé patient souffrant d'un cancer et suspecté de développer des métastases.

L'IRM est aussi un examen clé pour l'attaque cérébrale (AVC), due dans la majorité des cas à un caillot (thrombose) qui bouche un vaisseau. Le traitement en urgence permet de dissoudre le caillot et de limiter les dégâts, mais il comporte un risque de saignement et est contre-indiqué en cas d'attaque cérébrale due à une hémorragie.

L'IRM permet de donner rapidement une certitude sur le diagnostic et de guider le traitement. Comparée au scanner, l'IRM permet de réduire les cas de traitements qui font courir un risque inutile, relève le neurologue Didier Leys.

Le CHU de Lille dispose depuis avril 2009 d'une IRM entièrement dédiée aux urgences. "66% des examens sont faits pour suspicion d'AVC et 12% concernent des urgences neurologiques liées à des tumeurs", indique le Pr Xavier Leclerc, neuroradiologue de cet hôpital.

"L'IRM prescrite aux urgences pour suspicion d'AVC permet de réduire l'hospitalisation de 3-4 jours", indique-t-il.

"Pour les gros hôpitaux, une IRM dédiée aux urgences 24h sur 24h devient indispensable", dit-il en évoquant le risque sinon de "retard au diagnostic préjudiciable aux patients".

AFPSource AFP
modifié le 26/06/2010