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L'Académie de médecine contre la suppression des vaccins à l'aluminium

 

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L'Académie de médecine a déclaré son opposition à un éventuel moratoire sur les adjuvants à base de sel d'aluminium utilisés dans un grand nombre de vaccins en France.

 

Une personne se fait vacciner

Source photo : Thierry Zoccolan [AFP/Archives]


"Tout moratoire portant sur la non-utilisation des adjuvants aluminiques rendrait impossible, sans aucun argument probant, la majorité des vaccinations", relève l'Académie dans un rapport publié jeudi.

Des inquiétudes sur le rôle de l'aluminium dans le développement de troubles neurologiques dégénératifs ou de maladies auto-immunes avaient conduit en mars dernier le groupe d'étude de l'Assemblée nationale sur la vaccination à préconiser un moratoire, en application du principe de précaution.

L'Académie reconnaît qu'il existe un "consensus" sur le danger de l'ingestion d'aluminium à forte dose ou en cas de "consommation chronique à des dosages élevés", mais estime qu'"aucune preuve de toxicité neurologique imputable à l'aluminium de l'alimentation ou des vaccins n'a pu encore être fournie à ce jour".

Elle souligne également que la quantité d'aluminium apportée par les vaccins chez les nourrissons demeure très inférieure à la dose de sécurité minimale définie pour l'alimentation.

Des recherches sont en cours pour mettre en place des adjuvants non aluminiques mais la plupart sont destinés à élaborer de nouveaux vaccins contre des maladies comme le paludisme, l'infection à VIH ou la tuberculose.

L'Académie cite notamment le phosphate de calcium, utilisé par l'Institut Pasteur dès les années 60 dans les vaccins anti-diphtériques avant d'être abandonné dans les années 80, mais relève que les études d'efficacité ont donné des résultats "variables, voire contradictoires".

"Le débat reste donc ouvert" selon l'Académie qui souligne qu'une "éventuelle substitution de l'aluminium dans les vaccins ne pourrait se faire qu'après de longs et nombreux essais nécessitant 5 à 10 ans" et que l'instauration d'un moratoire ne pourrait que provoquer "une morbidité très supérieure à celle, hypothétique, des maladies neurologiques ou auto-immunes imputées" aux sels d'aluminium.

Les adjuvants ont pour rôle de stimuler les mécanismes immunitaires.

AFPSource AFP
modifié le 30/06/2012