L'accident vasculaire cérébral (AVC), une urgence pour tous, tout le temps
L'accident vasculaire cérébral (AVC) est une urgence, tout le temps, de l'appel sur le 15 à la rééducation, ont martelé mercredi les spécialistes lors de la présentation par la Haute Autorité de Santé (HAS) d'indicateurs professionnels pour améliorer sa prise en charge.

Source photo : afp.com
Environ 130.000 personnes sont atteintes d'AVC tous les ans en France. Chaque année, 40.000 personnes en meurent, tandis que 30.000 autres se retrouvent lourdement handicapées.
La quarantaine d'indicateurs présentés par la HAS, dans le cadre du plan national AVC, vise à évaluer la qualité de la prise en charge, à tous les stades du parcours du patient, pour réduire la mortalité et diminuer les séquelles.
Le premier indicateur est le taux d'appel au 15 (Samu), qui concerne aujourd'hui moins de la moitié des victimes d'AVC.
Or l'appel au 15 est le réflexe que doit avoir toute personne témoin de signes évocateurs d'un AVC, que ce soit la victime elle-même, son entourage ou son médecin traitant.
La survenue brutale d'un ou plusieurs de ces signes doit alerter : sourire asymétrique (déviation de la bouche), un des deux bras qui ne se lève pas normalement, difficultés à trouver les mots ou à les exprimer. Les autres signes d'alerte sont un engourdissement (perte de la sensibilité) ou une faiblesse d'un membre, du visage ou de tout un côté du corps, une perte de la vision d'un oeil ou une vision trouble, un mal de tête violent et intense.
L'appel au 15 est le premier maillon, déterminant, de la chaîne de soins complexe qui va se mettre en place autour de la victime d'AVC.
Pas moins d'une quinzaine de spécialités médicales et paramédicales (kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute, diététicien...) vont être amenées à intervenir. "Et ceci sous la contrainte du temps, tout le temps", a souligné devant la presse le président de la HAS, Laurent Degos.
Rien que pour le diagnostic, trois disciplines entrent en jeu : l'urgentiste, le radiologue et le médecin neuro-vasculaire. Il s'agit de confirmer qu'il s'agit bien d'un AVC et de différencier l'accident ischémique (infarctus cérébral) de l'hémorragie cérébrale.
S'il s'agit d'un infarctus cérébral, une thrombolise (injection d'un produit qui débouche l'artère) pourra être réalisée, mais les minutes sont comptées : le délai maximum est de 4 heures et demie après la survenue de l'AVC.
Selon la HAS, seul 1% des victimes d'AVC ont une thrombolyse, alors qu'au moins 15% pourraient en bénéficier.
"L'AVC est une urgence pour tous les patients", a expliqué Armelle Desplanques-Leperre (HAS), y compris en cas d'hémorragie.
Urgence également dans les examens à réaliser après un accident ischémique transitoire (AIT : AVC dont les signes régressent rapidement et spontanément). Car 10% des AIT sont suivis d'un AVC dans les trois mois. Et 30% des victimes d'AVC ont fait un AIT le mois précédent.
Urgence encore pour le bilan des séquelles de l'AVC. Alain Yelnik (médecine physique et de réadaptation - hôpital Lariboisière) a insisté sur "la nécessité d'une évaluation très précoce" de ce que va pouvoir apporter la rééducation.
"Tous les degrés de séquelles sont possibles. Si on les évalue, on sous-entend qu'on va se donner les moyens d'y remédier", a-t-il ajouté.
Les premiers retours sur les indicateurs proposés par la HAS sont attendus pour 2012. "Le simple fait qu'ils existent va améliorer la prise en charge", a prédit Mathieu Zuber, président de la Société française neurovasculaire.
Le plan national AVC a pour objectif de diminuer de 6%, d'ici 2014, les décès ou la dépendance des patients victimes d'un AVC.
![]() | Source AFP modifié le 24/06/2010 |













