L'adénome ou l'hypertrophie de la prostate
Le 04/08/2010 Ã 15:29
De la taille d'une châtaigne chez l'adulte, la prostate tend à grossir avec l'âge. Le problème est que cette augmentation en volume, qui est totalement bénigne et sans aucun lien avec le cancer, peut interférer avec le flux urinaire.
Passé 50 ans, pratiquement tous les hommes ont une prostate qui augmente en volume de façon plus ou moins importante, probablement en raison des variations hormonales, essentiellement de la testostérone.
Or la glande prostatique est située juste en dessous de la vessie et entoure l’urètre. En augmentant de taille, elle comprime petit à petit l’urètre et finit par faire obstruction à l’écoulement de l’urine.
Quels sont les conséquences et les symptômes ?
· Difficultés à déclencher la miction.
· Miction ressentie comme incomplète, nécessitant d’uriner plus fréquemment, notamment au cours de la nuit.
· Urgence mictionnelle.
· Le volume et la force du flux urinaire diminuent.
· Une rétention d’urine car la vessie ne réussit plus à se vider complètement. L’urine stagnante dans la vessie favorise alors les infections urinaires et les lithiases vésicales.
· La fonction rénale peut aussi finir par être lésée car la pression élevée qui règne dans la vessie se répercute à la sortie des reins.
Comment faire le diagnostic ?
Lors d’un toucher rectal, le médecin peut évaluer la taille de la prostate. Celle-ci a des parois lisses et n’est pas douloureuse au toucher.
Une prise de sang renseigne sur la fonction rénale.
Une mesure du taux de PSA (antigène spécifique de la prostate, marqueur du cancer de la prostate) peut être réalisée pour écarter toute suspicion de cancer de la prostate.
Une analyse d’urine peut écarter une éventuelle infection.
Selon le degré de gravité suspectée, on peut réaliser une échographie afin de déterminer précisément la taille de la prostate.
On peut également mesurer la quantité d’urine qui reste dans la vessie après les mictions.
L’adénome de la prostate ne requiert pas de traitement, sauf symptômes gênants et complications
En l’absence de symptômes gênants, aucun traitement n’est requis. Dans le cas contraire, le traitement est celui des complications : lithiase, infection urinaire, etc.
On recourt aussi à différents types de médicaments pour induire par exemple une relaxation de certains muscles de la prostate et de la vessie afin de faciliter le flux urinaire, ou pour inverser les effets des hormones à l’origine de l’augmentation du volume de la prostate. Les traitements sont généralement longs et les premiers effets tardifs à se manifester.
En cas d’échec, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Elle vise à réduire le volume de la prostate et ainsi les symptômes. L’intervention la plus fréquente est la résection transurétrale de la prostate. Le médecin insère un endoscope souple dans le canal urétral afin d’accéder à la prostate et d’en ôter au bistouri électrique une bonne partie des tissus qui la compose.
L’inconvénient de cette chirurgie est qu’elle s’accompagne de complications : infections, saignements, incontinence urinaire le plus souvent transitoire, impuissance chez 5 à 10% des patients.
D’autres traitements chirurgicaux alternatifs ont été développés pour diminuer les complications. Ils utilisent la chaleur pour détruire le tissu prostatique, ou bien le laser, les ultrasons, l’électricité, etc.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Larousse médical.












