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L'étude NutriNet-Santé passe à la vitesse supérieure

 

Nutrition

 

Une nouvelle phase de l'étude NutriNet-Santé, qui fêtera son 2e anniversaire en mai, a été lancée jeudi : les chercheurs invitent désormais les internautes qui le souhaitent à un bilan clinique et biologique pour mieux comprendre les liens entre nutrition et santé.

 

Serge Hercberg, coordinateur du programme Nutrinet-Santé, le 11 mai 2009 à Paris

Source photo : Boris Horvat [AFP/Archives]


"C'est le 2e étage de la fusée Nutrinet", a indiqué le coordinateur de ce vaste programme de recherche, Serge Hercberg (Inserm).

Jusqu'à présent les quelque 170.000 "nutrinautes" volontaires déjà inscrits se contentaient de donner un peu de leur temps, en répondant, via internet (www.etude-nutrinet-sante.fr), à des questionnaires réguliers sur leurs habitudes alimentaires.

Ils sont maintenant aussi sollicités pour payer de leur personne en se prêtant, sur la base du volontariat, à un examen clinique et à une prise de sang.

En pratique, les nutrinautes pourront prendre rendez-vous, via leur espace personnel sur le site nutrinet, dans un centre de consultation NutriNet-Santé. D'environ 45 minutes, la consultation comprendra des mesures anthropométriques (taille, poids, tour de taille...), pression artérielle, force musculaire, ainsi qu'un prélèvement de sang et la collecte d'un échantillon d'urine.

Les prélèvements feront l'objet d'une première analyse (cholestérol, glycémie...) dont les résultats seront transmis aux participants.

Mais les échantillons prélevés à cette occasion, identifiés de façon anonyme grâce à des étiquettes à code-barres garantissant leur traçabilité, permettront aussi la constitution d'une "Biobanque Nutrinet". Une base de données qualifiée par le Pr Hercberg de "patrimoine biologique national tout à fait exceptionnel".

Dans un premier temps, 10.000 volontaires sont recherchés, 150.000 à terme.

"On n'exclut personne", a souligné le Pr Hercberg, précisant que "bien portants ou malades" sont les bienvenus. Il a précisé que la phase pilote menée en région parisienne avec 500 participants avait "très bien fonctionné" en termes de participation.

L'objectif est de croiser les informations fournies par les questionnaires remplis en ligne avec des données cliniques et biologiques.

Quels mécanismes sous-tendent les relations entre la nutrition et les maladies ? Est-ce que des marqueurs dosés dans le sang ou les urines ont une valeur prédictive vis-à-vis de certaines maladies ? La prise en compte des caractéristiques génétiques peut-elle aider à comprendre les relations entre nutrition et santé ? Autant de questions que le programme Nutrinet devrait contribuer à éclairer.

Deux centres de consultation sont déjà ouverts en région parisienne (Hôtel-Dieu à Paris et hôpital Avicenne à Bobigny). Une dizaine de centres devraient ouvrir d'ici la fin de l'année à Lyon, Clermont-Ferrand, Marseille, Nancy, Strasbourg, Reims, Tours, Angers et Brest. A terme, une trentaine seront ouverts.

La mise en place de la biobanque a nécessité la construction d'un laboratoire équipé d'un robot (d'un coût de 450.000 euros) permettant l'aliquotage (fractionnement en sous échantillons) automatisé des prélèvements et d'un lieu dédié au stockage à -80°C, à la faculté de médecine de Bobigny.

L'université Paris XIII, l'Institut de recherche en santé publique, la Fondation de recherche médicale, l'Association de recherche sur le cancer et la région Ile-de-France ont participé au financement.

Pour les chercheurs, cette nouvelle phase est aussi l'occasion de recruter de nouveaux "nutrinautes". Leur objectif est d'atteindre 500.000 inscrits pour en suivre 300.000 pendant au moins 5 ans.

AFPSource AFP
modifié le 25/02/2011