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L'Europe de l'Est cherche des remèdes contre les faux médicaments

 

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Six pays d'Europe centrale et de l'est ont promis de mieux coopérer, lors d'une réunion organisée mercredi et jeudi à Bucarest, pour trouver des remèdes contre les médicaments contrefaits, un marché lucratif estimé à 75 milliards de dollars en 2010.

 

Saisie de médicaments contrefaits à Zaventem, au nord-est de Bruxelles, le 2 octobre 2008.

Source photo : Dominique Faget [AFP/Archives]


Quelque 120 experts représentant la Roumanie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et l'Ukraine, rassemblés par le numéro un mondial de l'industrie pharmaceutique, l'américain Pfizer, ont analysé les risques posés par les faux médicaments, qui peuvent aller jusqu'à la mort, selon l'Organisation mondiale pour la Santé (OMS).

"Un seul pays ou une seule organisation ne peut pas lutter de manière efficace, il faut une synergie des efforts (...) car nous avons affaire à des réseaux de crime organisé", a déclaré à l'AFP Steve Allen, directeur de Pfizer Global Security, division chargée de lutter contre ce fléau.

Allant de l'absence totale d'ingrédients actifs à 8.000 fois la dose normale, le contenu des médicaments contrefaits est aussi parfois composé de métaux lourds dont l'arsenic, de teinture à base de plomb ou de poudre de briques.

Selon M. Allen, 63 millions de faux comprimés et ampoules Pfizer ainsi que des ingrédients actifs pouvant servir pour fabriquer 64 millions supplémentaires ont été saisis depuis 2004.

"Ce n'est que la partie visible de l'iceberg", dit-il.

Considéré comme sans risque et très profitable, le business des faux médicaments attire de plus en plus les trafiquants de drogue.

"Les méthodes d'approvisionnement sont les mêmes mais les peines ne le sont pas", indique M. Allen, regrettant le laxisme de certains pays.

Parfois, drogues et faux médicaments vont ensemble, comme en témoigne la saisie, lors d'une même opération en Turquie, de 6.000 comprimés contrefaits de Viagra, 378.000 tablettes d'ecstasy et des ingrédients pour fabriquer 51 kilos d'héroïne.

"Il existe une route des Balkans pour les faux médicaments, la même que pour la drogue", indique à l'AFP Karolyi Szep, un douanier hongrois.

Gabriel Turcu, partenaire au sein de REACT, réseau européen spécialisé dans la lutte contre les contrefaçons, souligne que l'Europe de l'est a fait des progrès dans ce domaine, notamment en durcissant sa législation. En Roumanie, de premières condamnations à des peines de prison viennent d'être prononcées.

"Il y a quelques années, les juges ne voyaient pas de différence entre un T-shirt et un médicament contrefait. Aujourd'hui, leur perception a changé", dit-il.

Si, selon lui, les pays à la frontière orientale de l'UE sont toujours confrontés à des "défis majeurs", les Etats développés ne sont pas à l'abri non plus.

"Des médicaments contrefaits ont été détectés dans les chaînes légales de distribution de 45 pays, dont les Etats-Unis, la Grande Bretagne et le Canada", souligne Rubie Mages, directrice pour la stratégie de Pfizer Global Security.

Ces jours-ci, la plupart des ventes, et des risques, passent par internet.

Selon l'OMS, il y a une chance sur deux que les médicaments achetés en ligne soient contrefaits.

Ceux qui y font appel "jouent à la roulette russe avec leur propre vie", avertit M. Allen. Les experts appellent à une sensibilisation de l'opinion.

Fort de ses 25 ans d'expérience aux douanes, M. Szep enseigne à ses collègues plus jeunes comment reconnaître un trafiquant, voire un véhicule suspect.

Et de citer l'exemple d'un contrebandier démasqué pour ne pas avoir pu se pencher pour ramasser son passeport, laissé tomber par un douanier: il portait une ceinture remplie de médicaments contrefaits.

AFPSource AFP
modifié le 22/10/2010