L'Inserm relève des "signaux d'alerte" sur les effets du Bisphenol A
Les recherches menées à ce jour sur les effets sur la reproduction du Bisphénol A (produit utilisé notamment dans la fabrication des biberons) ne donnent pas de certitude sur sa nocivité, mais ils constituent des "signaux d'alerte", a relevé jeudi l'Inserm dans un avis.

Source photo : Mychèle Daniau [AFP/Archives]
L'Institut national de la santé et de la recherche médicale relève, après analyse de 300 études sur le sujet, qu'"une exposition au BPA chez l'animal induit des effets au niveau du développement des organes de la reproduction et de la fonction de la reproduction", et que certains effets "persistent à l'âge adulte".
Il note que certains effets sont transmis à la descendance des animaux exposés, ce qui implique que le BPA "peut induire des altérations de l'information génétique et perturber l'expression de gènes".
L'Inserm estime par ailleurs que "trop peu d'études épidémiologiques ont évalué (...) les effets d'une exposition au BPA sur la fonction de reproduction" chez l'être humain.
En conséquence, "des indicateurs pertinents permettant d'évaluer la fonction de reproduction (...) doivent être définis chez l'Homme", estime l'Inserm, pour qui "le choix des modèles animaux les plus pertinents pour l'espèce humaine revêt un caractère de première importance".
Il faudrait aussi "de nouveaux modèles d'études" pour caractériser chez l'Homme "les effets et les mécanismes d'actions du BPA et de ses éventuels produits de substitution".
Dans un communiqué, le député PS Gérard Bapt, rapporteur spécial de la mission santé pour la Commission des finances, "salue avec satisfaction" le travail d'expertise collective de l'INSERM. Il note que l'Inserm "confirme le potentiel reprotoxique et mutagène de ce perturbateur endocrinien, y compris à des doses d'exposition largement inférieures à la valeur limite d'exposition".
Pour le député, il convient donc que l'autorité politique, "au nom du principe de précaution étayé désormais par les données scientifiques", prenne "des mesures d'information et de protection" en direction notamment des femmes enceintes et des jeunes enfants.
Le Parlement vient de décider la suspension de la commercialisation des biberons contenant du BPA, dont l'utilisation est déjà interdite dans certaines communes comme celle de Saint-Jean (Haute-Garonne), dont M. Bapt est le maire.
![]() | Source AFP |













