L'Institut Curie lance le sport sur ordonnance contre le cancer du sein
L'Institut Curie vient de lancer, en partenariat avec une association de professeurs de sport, un programme pilote d'activité physique pour réduire le risque de récidive après un cancer du sein, tout en facilitant le retour des femmes à une vie normale.

Source photo : Jean-Christophe Verhaegen [AFP/Archives]
Le cancer du sein est un cancer pour lequel le bénéfice d'une activité physique modérée à soutenue, régulière, a été effectivement démontré par des études comparatives sur des groupes importants de patientes. Associée à une alimentation saine, elle permet de réduire notablement le risque de rechute.
Activ', le programme pilote lancé par l'Institut Curie (Paris et Saint-Cloud) et l'association Siel Bleu, s'inscrit dans le plan de surveillance mis en place une fois le traitement intensif du cancer du sein (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) terminé, autrement dit "l'après-cancer".
Neuf femmes sur dix, traitées pour un cancer du sein localisé, sont toujours en vie 5 ans après le diagnostic.
Pour ces femmes, l'enjeu de la surveillance est bien sûr de repérer au plus vite une possible rechute, mais aussi d'identifier d’éventuelles séquelles des traitements. Il s'agit aussi de les aider à reprendre le cours de leur vie, dans les meilleures conditions possibles pour éviter une récidive.
Pour le Dr Laure Copel, cancérologue à l'origine d'Activ', la reprise (ou la découverte) de l'activité physique a le double avantage de "limiter le risque de rechute" et de participer à la "réhabilitation", le retour à une vie normale.
"Une activité physique progressive, modérée au début, est le meilleur traitement pour lutter contre la fatigue" consécutive aux traitements, a-t-elle indiqué lors de la présentation du programme à la presse, jeudi.
"Un traitement complémentaire"
Ce programme est proposé par le médecin au moment de la consultation d'entrée en surveillance, "temps médical", qui intervient généralement 4 à 6 mois après le traitement intensif, a expliqué le Dr Séverine Alran (chef du service de chirurgie du sein).
"C'est un traitement complémentaire", a-t-elle indiqué. Il ne se substitue ni aux traitements médicamenteux (hormonothérapie), ni à la kinésithérapie qui peuvent être prescrits.
Les femmes sont reçues par un professeur "d'activité physique adaptée" de Siel Bleu, pour un bilan individuel. Ce professionnel fait le point de leurs capacités, de leurs motivations... En fonction de ces différents critères, et en tenant compte des éventuelles contre-indications ou précautions particulières, il leur propose un programme sur-mesure de trois séances de 45 minutes par semaine et lui remet un "carnet de suivi".
"Ce sont essentiellement des activités d'endurance", a précisé Fanny Rochet, en charge d'Activ' pour Siel Bleu : marche, natation, course à pied, vélo, danse...
Pour celles qui le souhaitent, l'association propose des cours collectifs de type cardio-training (step, renforcement musculaire...) pendant 12 semaines. Un professeur de l'association peut aussi se déplacer à domicile si besoin.
La majeure partie des coûts (150 euros) est prise en charge par l'Institut Curie, et une participation de 30 euros est demandée aux femmes.
Le programme pilote doit concerner une centaine de femmes. A terme, l'Institut Curie et Siel Bleu espèrent trouver des partenariats pour pérenniser le financement.
![]() | Source AFP modifié le 29/01/2012 |













