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L'OMS appelle à enrayer la tuberculose multirésistante en Europe

 

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L'Organisation mondiale de la santé a lancé mercredi un plan d'action spécifique pour la région Europe, afin d'endiguer la progression inquiétante de cas de tuberculose résistante aux traitements, selon un communiqué.

 

Une infirmière effectue un test "Mantoux" sur la peau d'un patient atteint de tuberculose

Source photo : Greg Knoblauch [CDC/AFP/Archives]


Le plan sur quatre ans de l'OMS, dont le coût est évalué à cinq milliards de dollars, vise à éviter 263.000 cas de tuberculose résistante et multirésistante, et à empêcher 120.000 décès.

La tuberculose multirésistante est une forme particulièrement dangereuse de tuberculose. Elle est due à des bacilles résistant à l'isionazide et à la rifampicine, les deux antituberculeux les plus efficaces.

Elle est souvent la conséquence du fait que les malades ne suivent pas correctement leurs traitements jusqu'à la fin, favorisant l'émergence de bacilles résistants, ou d'une hygiène mal contrôlée en milieu hospitalier.

Il devient alors très difficile de soigner les personnes atteintes, avec une chimiothérapie longue (deux ans) et au coût exorbitant (plus de 100 fois le coût du traitement classique).

Or, sur les 440.000 cas de tuberculose multirésistante évalués dans le monde, 81.000, soit 18% du total, se produisent en Europe, surtout dans les pays d'Europe de l'Est et de l'ex-Union soviétique, selon l'OMS.

L'Europe occidentale n'est toutefois pas épargnée. Londres, qui accueille de nombreux immigrés de pays pauvres, a le taux le plus important de tuberculose des capitales ouest-européennes (3.500 cas par an), avec une augmentation de 30% ces dix dernières années et un doublement des cas de maladie multirésistante entre 2005 et 2009.

En améliorant la prévention, le dépistage et les traitements, le plan ambitionne d'éliminer la tuberculose en Europe d'ici à 2050 (moins d'un cas par million d'habitant).

"Pour réussir, nous avons besoin de l'engagement de tous les partenaires, et spécialement de la société civile", a souligné dans le communiqué le Dr Lucica Ditiu, une des responsables du partenariat "Stop TB", qui associe plus de 100 pays, centres de recherche, ONG et communautés locales.

En l'absence de traitement, une personne atteinte de tuberculose évolutive peut infecter en moyenne 10 à 15 autres personnes en une année. Le VIH sida et la tuberculose accélèrent mutuellement leur progression. Le sida est ainsi en partie responsable du regain de tuberculose dans le monde.

AFPSource AFP
modifié le 15/09/2011