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L'OMS ouvre sa 64e Assemblée sur fond d'austérité budgétaire et de réforme

 

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L'Organisation mondiale de la santé (OMS) ouvre lundi une Assemblée annuelle sur fond de polémiques autour de sa réforme et de restrictions budgétaires drastiques devant conduire à nombre de suppressions de postes.

 

La secrétaire générale de l'OMS, Margaret Chan, le 22 novembre 2010 à Berlin

Source photo : Odd Andersen [AFP/Archives]


Plusieurs dizaines de ministres ainsi que plus de 1.800 délégués sont attendus jusqu'au 24 mai pour la 64ème grand-messe de l'organisation durant laquelle interviendra le milliardaire américain, Bill Gates, au nom de sa fondation philanthropique.

Le rendez-vous devrait avoir une tonalité particulièrement "politique cette année", avec les questions de la réforme et du budget de l'OMS qui devraient donner lieu à des "débats houleux", prévoit une diplomate sous couvert d'anonymat.

Alors que la reprise économique tarde et après le scandale des dépenses gigantesques provoquées par la pandémie de grippe H1N1, l'OMS est confrontée à une baisse conséquente des contributions volontaires de ses 193 membres et autres donateurs. Pour l'année, l'agence a déjà chiffré un déficit de quelques 300 millions de francs suisses (238,5 millions d'euros).

La chute de ces fonds volontaires, qui constitue près de 80% du budget de l'OMS (le reste étant des contributions obligatoires des membres), ont contraint l'organisation à couper dans le vif son budget bisannuel de 2012-2013.

Dans un document publié sur internet, la directrice générale Margaret Chan prévient que le "budget de 4,8 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) prévu" initialement pour cette période "a été revu à la baisse" à 3,95 milliards.

Cette réduction a été réclamée par les Etats membres, faisant valoir une reprise "fragile" ainsi que des taux de change défavorables en raison de la force du franc suisse.

Même le nouveau chiffre paraît "un peu optimiste", relève la diplomate, reconnaissant que le fait que l'organisation fonctionne majoritairement sur le volontariat la rend "très vulnérable".

Pour certains experts, cette chute des contributions pourrait être également liée à une défiance accrue des donateurs après les critiques sur la gestion du virus H1N1 en 2009.

Reconnaissant que les soupçons de conflit d'intérêt avec les groupes pharmaceutiques ont pu abîmer l'image de l'organisation, le responsable de la campagne pour l'accès aux médicaments de Médecins sans frontière, Tido von Schön-Angerer, relève une "tendance générale à donner des fonds plus visibles à court terme". Ce qui n'est pas le cas avec l'OMS.

Le revers de la médaille sera "la réduction, voire la suppression, de certaines activités", a prévenu Mme Chan.

Mais la responsable, dont le mandat arrive à échéance dans un an, ne démord pas de la nécessité de réformer en profondeur une organisation qui n'a pas toujours été "efficace".

Cette dernière a averti le personnel que ces mesures entraîneraient des réorganisations de services, impliquant des suppressions de postes. Il s'agirait de 300 postes sur les quelque 2.400 que compte le siège à Genève.

Dans le large bâtiment gris surplombant la ville, où les restrictions du "train de vie" sont déjà perceptibles, des rumeurs persistantes évoquent plutôt une coupure de 20%.

La rencontre sera par ailleurs marquée par la présentation du rapport très attendu sur la gestion contestée du H1N1 par l'OMS qui a provoqué quelques mois de psychose mondiale.

Selon Mme Chan, les premières conclusions du document ont blanchi son organisation des accusations de collusions avec les laboratoires.

Les délégués plancheront également sur la préparation aux pandémies, le partage des vaccins et la variole.

Enfin, une séance sera consacrée aux conséquences sur la santé des radiations, un thème d'actualité après l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima au Japon en mars.

AFPSource AFP
modifié le 16/05/2011