L'OMS soutenue par ses membres pour le H1N1 qui par "chance" n'a pas muté
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reçu lundi un soutien appuyé des plus grands de ses 193 membres pour sa gestion de la première pandémie grippale du siècle dont le virus H1N1 n'a par "chance" pas muté, selon sa directrice.

Source photo : Fabrice Coffrini [AFP]
Une infirmière s'apprête à administrer le vaccin contre la grippe H1N1 le 25 novembre 2009 à Quimper

Source photo : Fred Tanneau [AFP/Archives]
Dans son discours inaugurant la 63ème Assemblée générale de l'agence onusienne à Genève, Mme Chan a clairement tenté de répondre aux nombreuses critiques qui se sont élevées récemment contre son organisation accusée d'avoir exagéré la menace du virus inédit sous l'influence des laboratoires pharmaceutiques.
Elle a rappelé que "les bonnes nouvelles" en terme de santé mondiale dépendaient surtout des engagements politiques des Etats ainsi que des ressources mises en oeuvre.
"Parfois, cependant, nous avons simplement de la chance. Ce fut le cas avec la pandémie de grippe H1N1" car, a-t-elle souligné, "le virus n'a pas muté en une forme plus meurtrière".
Elle s'est dite satisfaite de l'efficacité des vaccins fabriqués en toute hâte spécialement pour cette nouvelle grippe d'origine porcine, aviaire et humaine qui a effrayé pendant des mois la planète, relevant que la pandémie avait été la première de l'histoire à être suivie d'aussi près à grande échelle.
Elle "a constitué le premier test majeur du Règlement sanitaire international", révisé et mis en application depuis 2007.
Des pays dont la France, les Etats-Unis ou encore l'Inde sont venus apporter de l'eau au moulin de Mme Chan. Rappelant notamment que la sévérité du virus présenté comme "sournois" et dangereux par l'OMS il y a un an et qui a finalement fait quelque 18.000 morts dans le monde depuis sa découverte en avril 2009, avait été difficile à déterminer.
"Alors que certains ont remis en question les mesures qui ont été prises par la communauté internationale, les résultats parlent d'eux-mêmes. Je pense que nous avons pris les bonnes décisions au bon moment", a insisté la secrétaire d'Etat à la santé américaine, Kathleen Sebelius.
L'Inde a enchaîné en rendant hommage "aux efforts infatigables" de la directrice de l'OMS.
La ministre française de la Santé, Roselyne Bachelot, a exprimé "la solidarité de la France" avec l'agence onusienne "prise à partie de façon injuste".
"Le véritable enjeu" devrait être "de savoir si nous avons pris collectivement les bonnes décisions, au bon moment avec les éléments dont nous disposions au printemps et au début de l'été 2009", a-t-elle insisté.
Appelée à se justifier devant le Conseil de l'Europe, l'OMS a déjà créé un comité d'experts destinés à évaluer de façon "indépendante" et "transparente" la façon dont l'agence onusienne a géré cette crise.
Sans reconnaître des erreurs de gestion de l'OMS, Margaret Chan a répété la nécessité "de faire une évaluation franche et critique".
"Nous voulons savoir ce qui a bien fonctionné. Nous voulons savoir ce qui n'a pas marché et idéalement pourquoi. Nous voulons savoir ce que nous pouvons améliorer et idéalement comment", a-t-elle insisté.
Un premier rapport intérimaire du comité d'évaluation composé de 29 experts a été présenté lundi aux membres de l'organisation réunis pour cinq jours.
Faisant suite à la première réunion de ce groupe en avril, le document détaille les points sur lesquels il compte travailler et rendre ses conclusions dans quelque neuf mois.
L'un d'eux porte sur l'efficacité du fameux Règlement sanitaire international, adopté par les pays membres, en vertu duquel l'OMS a lancé l'alerte générale sur la grippe sur des critères géographiques et non de sévérité.
![]() | Source AFP modifié le 18/05/2010 |













