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L'OMS veut maîtriser les maladies "négligées" d'ici à 2015

 

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L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé jeudi vouloir "maîtriser" d'ici à 2015 les maladies délaissées par les géants de la pharmacie mais qui affectent un milliard de personnes et tuent 534.000 individus chaque année.

 

A l'hôpital d'Amritsar, en Inde, le 21 mai 2010

Source photo : Narinder Nanu [AFP/Archives]


"Les besoins en termes de prévention et de traitement sont énormes mais les personnes touchées sont pauvres et n'ont donc que peu accès aux interventions et aux services nécessaires pour en bénéficier", regrette la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, dans la présentation du premier rapport de l'organisation consacré à 17 de ces maladies qui n'existent quasiment plus dans les pays riches.

"Ajoutons que l'industrie est donc peu encline à investir dans la mise au point de produits nouveaux ou meilleurs contre des maladies liées à la pauvreté sachant que les patients n'auront pas les moyens de payer", poursuit-elle.

Ces maladies sont d'autant plus délaissées qu'à "l’exception de la dengue, elles ne sont pas à l’origine de flambées explosives qui attirent l’attention des médias", souligne le rapport de l'OMS.

Pourtant, elles entraînent des infections qui tuent parfois en "l'espace de quelques mois, semaines ou jours", comme la dengue hémorragique, la maladie du sommeil et l’ulcère de Buruli, mais le plus souvent défigurent.

Dans la plupart des cas, les personnes sont affectées simultanément par 5 à 7 de ces maladies parasitaires, transmises par des insectes, larves et mollusques, comme la rage, le trachome, la lèpre, la leishmaniose ou encore l'éléphantiasis.

Lors de la présentation publique du rapport aux Etats membres, Margaret Chan a souhaité que ces maladies soient "maîtrisées d’ici à 2015", soulignant l'importance des dons des groupes pharmaceutiques dont certains représentants étaient présents dans la salle, comme le suisse Novartis ou l'Américain Pfizer.

Selon l'OMS, le ver de Guinée devrait être la première de ces maladies éradiquées, estime-t-elle. Pour cela, "des systèmes de récompenses pourraient être mis en place pour inciter les personnes infectées à déclarer leur maladie".

Plus généralement, l'OMS insiste sur la nécessité de favoriser le dépistage et le traitement précoces qui sont vitaux, notamment pour la maladie de Chagas, et appelle à mettre au point des "outils et approches simples, sûrs, efficaces et peu coûteux, y compris des produits pesticides" et à les rendre "accessibles".

"Nous n'oublions pas les maladies négligées. Nous sommes tout à fait résolus à travailler en partenariat" avec l'OMS, a souligné de son côté le directeur général du groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis, Chris Viehbacher.

"Il ne suffit pas d'avoir accès aux médicaments, il faut que le dépistage soit suffisamment fait", a-t-il poursuivi.

M. Viehbacher a également indiqué que Sanofi-Aventis allait donner à l'OMS 25 millions de dollars sur 5 ans sous forme de médicaments et en espèce.

Pour sa part, le directeur général du britannique GlaxoSmithKline, Andrew Witty, a annoncé que son groupe allait donner 400 millions de doses de médicaments supplémentaires à partir de 2012 - soit un milliard de doses par an - à l'OMS pour lutter contre la filariose lymphatique (éléphantiasis).

L'ambassadrice brésilienne a toutefois fait remarquer que les dons de médicaments n'étaient pas suffisants pour éliminer les maladies négligées. "Nous aimerions que l'OMS soit davantage impliquée dans des stratégies visant à faire diminuer le prix des médicaments", a dit Maria Nazareth Farani Azevedo.

"Nous devons continuer à mettre en place une stratégie mondiale des mécanismes financiers pour stimuler la recherche", a-t-elle ajouté.

L'OMS dispose déjà d'un groupe d'experts étudiant des modes de financement innovants. Mais un brouillon de leur rapport s'était retrouvé fin 2009 dans les mains de l'industrie pharmaceutique avant d'être soumis aux Etats membres de l'OMS.

Ce scandale avait conduit Margaret Chan à mener une enquête dont les conclusions avaient été transmises aux Etats, à huis clos, en mai 2010.

AFPSource AFP
modifié le 15/10/2010