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La cirrhose

 

Ma santé

 

La cirrhose est une redoutable maladie du foie pouvant être mortelle. Les causes de la destruction progressive du tissu hépatique sont nombreuses, mais l'intoxication par l'alcool ainsi que les virus des hépatites B et C en sont les principales origines dans les pays industrialisés?

 

Le processus menant à la cirrhose

Le foie est essentiel à la digestion. En produisant des milliers d’enzymes, il participe à l’élimination des graisses.
Toute maladie du foie qui altère les cellules hépatiques ou bloque la circulation sanguine à l’intérieur de cet organe est préjudiciable. Dans le cas de la cirrhose, il se produit une sclérose du tissu hépatique. Les cellules sont progressivement détruites tandis qu’un réseau fibreux se met en place. Parallèlement, les cellules régénèrent de façon anormale ce qui aboutit à la formation de nodules, responsables de l’apparence typique du foie cirrhotique : celui-ci est déformé, comme bosselé. Il prend également une couleur verdâtre, tandis qu’il peut, soit augmenter en volume, soit diminuer (cirrhose dite hypertrophique ou atrophique).
Et enfin, la mauvaise circulation sanguine à l’intérieur du foie qui en résulte finit par altérer sérieusement la fonction hépatique. L’arrêt complet du fonctionnement des reins peut être mortel. C’est ainsi que la cirrhose est une cause importante de mortalité dans notre pays.
 
Les symptômes se manifestent progressivement, témoignant des complications
La cirrhose est une maladie difficile à diagnostiquer précocement, car au début, elle est asymptomatique. C’est ainsi que les premiers signes sont souvent ceux des complications, témoignant d’un stade avancé de la maladie : asthénie (affaiblissement généralisé), amaigrissement, ascite (épanchement de liquide dans l’abdomen), œdème des jambes, hémorragie digestive (varices œsophagiennes), sensibilité accrue aux infections (tuberculose, infections respiratoires, urinaires, du liquide l’ascite…), jaunisse, démangeaisons intenses (prurit), calculs biliaires, sensibilité élevée aux médicaments, résistance à l’insuline, diabète de type 2, impuissance, problèmes rénaux, voire cancer du foie ou coma.  
 
Seule une biopsie du foie permettra d’établir le diagnostic. Sinon, des signes biologiques peuvent mettre sur la piste : diminution du taux de prothrombine (facteurs de coagulation), hypoalbuminémie, transaminases ou signes de cholestase (phosphatases alcalines, gamma GT, bilirubine…).
 
Certes, le tableau est sombre car les dégâts au niveau du tissu hépatique sont irréversibles. Les traitements sont possibles mais ne permettent actuellement que de ralentir l’évolution de la maladie en retardant la formation de la fibrose. Toutefois, une étude très récente vient de montrer pour la première fois qu’un traitement bien adapté pouvait faire régresser la cirrhose, alors qu’on pensait qu’un foie cirrhotique perdait toute capacité de régénération (1)…
 
Les causes et les facteurs de risque
La cirrhose peut être provoquée par de très nombreuses maladies et affections : maladies auto-immunes (cirrhose biliaire primitive, hépatite chronique auto-immune…), métaboliques (hémochromatose, maladie de Wilson, fructosémie, galactosémie, mucoviscidose, etc.), voire des maladies cardiaques susceptibles de congestionner le foie ou encore des infections parasitaires.
Toutefois, c’est l’alcoolisme qui représente la cause la plus fréquente dans les pays industrialisés, même si nombre de personnes atteintes de cirrhose boivent peu car il existe des susceptibilités individuelles. L’autre grande cause de la cirrhose est l’hépatite virale B ou C.
 
Peut-on prévenir la cirrhose ?
Il est possible de prévenir une cirrhose en protégeant son foie des produits chimiques toxiques, des médicaments hépatotoxiques, des virus des hépatites et de l’alcool.
Concernant les médicaments, adressez-vous en priorité à votre médecin et lisez bien les notices de vos médicaments.
Au sujet des hépatites, rappelons que l’hépatite B se transmet largement lors des relations sexuelles. Il est donc recommandé d’utiliser le préservatif, mais aussi de se faire vacciner contre le virus de l’hépatite B. 
Par ailleurs, les virus des hépatites B et C sont présents dans le sang et dans les produits biologiques des personnes infectées, d’où la nécessité de veiller à une hygiène rigoureuse en matière d’actes médicaux, de transfusion sanguine, d’usage de drogues injectables ou de tatouages et piercing.
Et enfin, au sujet de l’alcool, il est fortement recommandé de limiter sa consommation. On considère qu’une consommation quotidienne de 2 ou 3 verres chez les femmes et 3 ou 4 chez les hommes pendant plus de 10 ans suffit à entraîner une cirrhose. 
C’est donc la quantité et la durée de l'intoxication par l'alcool qui déterminent la survenue de la cirrhose.
 
Le traitement de la cirrhose
Comme déjà indiqué, les traitements permettent actuellement d’éviter la progression de la cirrhose, celle-ci étant considérée jusqu’à peu comme totalement irréversible. Les traitements comprennent ceux des principales complications (infections, ascites, hypertension portale…). Mais le principal traitement est l’abstinence totale et immédiate de toute goutte d’alcool. A partir du moment où le foie est endommagé par une cirrhose, il ne supporte plus la moindre quantité d’alcool.
En cas de cancer du foie, il est parfois possible de réaliser une ablation chirurgicale de la tumeur.
Seule la transplantation hépatique représente le traitement radical et dans ce cas la seule chance de survie.

 

Carte Blanche Santé
Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Larousse médical ; Encyclopédie pratique de la nouvelle médecine, Editions Robert Laffont ;(1) Panorama du Médecin du 13 mai 2008 (étude française présentée lors du 43e Congrès annuel de l\'European Association for the Study of the Liver (Easl), Milan, 23-27 avril 2008.