La grippe H1N1 aura donné un coup de fouet aux vaccins du XXI siècle
Forts des leçons tirées de la pandémie de la grippe H1N1 apparue en avril 2009, autorités sanitaires et laboratoires aux Etats-Unis accélèrent le développement de nouvelles techniques de production de vaccins plus rapides et fiables que les méthodes traditionnelles.

Source photo : Tang Chhin Sothy [AFP/Archives]
Il s'agit des vaccins à base de cultures cellulaires et ceux plus récents produits grâce à des techniques de recombinaison génétique.
"Nous n'avons jamais été dans une position aussi favorable pour créer de nouveaux et meilleurs vaccins", a déclaré cette semaine Kathleen Sebelius, la ministre américaine de la santé à l'occasion du premier anniversaire de la découverte du nouveau virus (A) H1N1.
L'une des leçons de la dernière pandémie (...) a été de confirmer la nécessité de "faire entrer la technologie de développement et de production de vaccin anti-grippe dans le XXIe siècle", a expliqué à l'AFP le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses et des allergies (NIAID), partie des Instituts nationaux de la santé (NIH).
Le gouvernement américain investit des milliards de dollars dans le secteur privé sous forme de partenariats pour encourager cette conversion qui permettra de mieux combattre les futures pandémies qui sont imprévisibles et aussi inéluctables, a-t-il dit.
Il a rappelé que malgré la rapidité de la mobilisation aux Etats-Unis en 2009 pour identifier le nouveau virus (deux semaines et demi), isoler la souche pour être cultivée dans des oeufs, et procéder aux essais cliniques, il n'a pas été possible de produire le nombre de doses prévues car ce pathogène se développait lentement.
Bien que prouvée, la technologie traditionnelle "à base d'oeuf reste fragile et soumise à des aléas qui sont hors de contrôle", a observé le Dr Fauci.
Cette conversion vers de nouvelles techniques de production de vaccins se fera en deux phases avec tout d'abord le développement de la production de vaccin anti-grippe à partir de cellules animales, a-t-il poursuivi.
Ce processus n'est pas beaucoup plus rapide -quelques semaines à un mois de moins- mais est beaucoup plus prévisible et fiable, a expliqué cet infectiologue. Avec des oeufs, la production de vaccin peut prendre de six à neuf mois.
Mais l'objectif ultime est de convertir entièrement la production de vaccins anti-grippe basée sur la recombinaison génétique qui ne nécessite plus de cultiver un virus pour fabriquer un vaccin.
Cette technologie moléculaire permettra de produire très rapidement des vaccins, probablement en deux mois, a prédit le directeur du NIAID.
"Nous devons maîtriser la technologie qui est à la mesure de notre réponse aux grandes menaces sanitaires mondiales", a-t-il insisté.
Le Dr Fauci a cité l'exemple du laboratoire de la firme pharmaceutique suisse Novartis qui construit une usine en Caroline du Nord, avec des subventions du gouvernement fédéral, pour produire dans un délai raisonnable des vaccins à base cellulaire.
Le Ministère américain de la santé, qui coiffe les NIH, a passé aussi passé plusieurs contrats avec des firmes de bio-technologie comme Protein Sciences Corporation pour mettre au point des vaccins basés sur la recombinaison génétiques, a-t-il précisé.
Selon lui "on verra les premiers vaccins produits ainsi, à destination humaine, d'ici environ un an".
Le "Saint Graal" reste toutefois le développement d'un vaccin anti-grippe universel efficace d'une pandémie à l'autre, a noté ce chercheur estimant que cela est possible. "Mais cela prendra entre cinq et dix ans", a-t-il prédit.
![]() | Source AFP modifié le 22/04/2010 |













