La méduse, une drôle de fille plutôt piquante
Cet été, si vous croisez sur la plage la méduse Aurélia, méfiez-vous de cette drôle de fille à grands cheveux, elle n'a pas bonne réputation : comme sa copine pelagia noctiluca, elle pique, elle gratte, elle brûle.

Source photo : Tarik Tinazay [AFP/Archives]
Des milliers de méduses Aurélia près de Charm el-Cheikh, en Egypte, le 8 juillet 2005

Source photo : Tarik Tinazay [AFP/Archives]
Des méduses Aurélia dans un aquarium au zoo de Budapest, le 4 avril 2008

Source photo : Attila Kisbenedek [AFP/Archives]
Depuis la Gorgone à chevelure de serpent de la mythologie grecque, la méduse continue d'exercer une vraie fascination sur l'homme qui devra pourtant éviter de la serrer de trop près car elle se révèle vite collante.
Reconnaissable à sa belle couleur bleutée lorsqu'elle est immergée, elle fait chaque été de nombreuses victimes parmi les nageurs qui l'approchent.
Si par malheur on frôle ses longs "bras" (filaments urticants), gluants et transparents, surviennent immédiatement des lésions cutanées très douloureuses de type brûlure ou urticaire.
Lorsque la méduse caresse un nageur de sa tentacule, elle le harponne grâce à ses petites barbes à rebrousse poil pour ne plus le lâcher.
Aujourd'hui, il n'existe guère de remède efficace pour soulager le baigneur des brûlures cutanées provoquées par les cellules urticantes de cet créature primitive du monde marin.
De plus, sur certains sujets, la méduse peut provoquer des sensations de malaise, accélération du rythme cardiaque et de la pression artérielle, vertiges et autres douleurs abdominales.
Certaines victimes ont parfois recours à des remèdes de bonne femme n'hésitant pas à appliquer des pierres chauffées ou de l'urine sur les piqûres.
Plus sérieusement, un laboratoire propose un traitement préventif, une crème à se badigeonner généreusement avant la baignade.
En cas de brûlure, les professionnels recommandent de rester calme et de ne pas frotter les lésions. Ces dernières ne doivent pas être lavées à l'eau douce car cela risque d'aggraver les symptômes en faisant éclater les tentacules, libérant ainsi plus de venin à partir de cellules urticantes appelées "nématocystes".
Laver à l'eau de mer, sans frotter. Ne pas faire saigner, ni sucer pour aspirer le venin.
Les tentacules visibles doivent être ôtées avec une pince à épiler et une main gantée. Certains spécialistes conseillent de piéger les débris invisibles avec de la mousse à raser ou du sable puis de racler avec un carton rigide ou une carte de crédit.
La toxine étant détruite par la chaleur ("thermolabile"), on peut utiliser de l'eau de mer chaude en évitant de provoquer des brûlures thermiques.
Dans les mers depuis des centaines de millions d’années, ces étranges animaux gélatineux prolifèrent en de nombreux points du globe et notamment en Méditerranée où ils sont de nouveau attendus cet été.
"Statistiquement la pelagia noctiluca apparaît tous les douze ou treize ans et comme nous sommes dans un cycle à méduse depuis 1999, nous devrions en voir sur nos Côtes au moins jusqu'en 2013", indique Jacqueline Goy de l'Institut océanographique de Paris.
Selon la scientifique, la pelagia noctiluca qui mesure dix centimètres de diamètres et étire ses tentacules sur dix mètres est la seule méduse qui pose des problèmes en Méditerranée. "Elle prolifère car elle mange tout : le plancton, les oeufs et les alvins de poisson".
Cette "pelagia" du nom de la déesse de haute mer "pélagie" se nourrit allègrement et arrive sur nos côtes poussées par les vents d'Est. "Nous ne sommes pas encore dans la soupe de méduse", dit-elle pour rassurer les vacanciers. N'empêche, de plus en plus de départements côtiers posent des filets anti-méduses en mer pour protéger les baigneurs.
![]() | Source AFP |













