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La réforme du service de santé anglais sévèrement critiquée

 

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La réforme drastique du service de santé en Angleterre annoncée par le gouvernement britannique pourrait instaurer de fortes inégalités et marquer "la fin de notre service national," estime la revue médicale britannique The Lancet dans un éditorial publié vendredi.

 

Un centre d'appels du National Health Service (NHS), le 1er mai 2009 à Londres

Source photo : Peter Macdiarmid [AFP/Archives]


Dans le nouveau schéma, les généralistes réunis en groupements régionaux se verront confier la gestion d'une enveloppe de 80 milliards de livres (93 milliards d'euros), soit près de 80% du budget total du National Health Service (NHS).

Ils géreront ainsi l'essentiel des investissements et dépenses de santé à l'échelon local et pourront mettre en concurrence hôpitaux publics et structures privées pour fournir des services au meilleur prix.

De nombreux échelons du NHS seront supprimés, et les médecins rendront compte devant une nouvelle autorité, le NHS Commissioning Board.

Pour le Lancet, ces changements vont "ôter une bonne fois pour toutes le mot national du service de santé" en Angleterre et se traduiront "lorsqu'ils seront en vigueur en 2013 par une "dislocation catastrophique du NHS".

Une des craintes est que la réforme introduise de grosses disparités selon les régions.

Le Lancet insiste sur le caractère précipité de la réforme, alors que le Premier ministre David Cameron s'était engagé pendant sa campagne électorale à épargner au NHS des coupes budgétaires.

Le parti conservateur s'est targué d'être "le parti du NHS, un engagement qui semble particulièrement creux à présent", note l'éditorial.

Dans un mouvement de bascule majeur depuis la création du NHS en 1948, "l'accent va se déplacer du besoin de soins vers les coûts", ce pour quoi les médecins ne sont pas formés, souligne The Lancet.

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le caractère hasardeux de la réforme, dont le président de la British Medical Association Hamish Meldrum, ou le pionnier de la procréation médicalement assistée Robert Winston, qui prédit même "des morts".

Les performances du NHS restent en deçà de la moyenne européenne, notamment pour le taux de survie aux principaux cancers, en dépit des sommes importantes investies par les travaillistes en 13 ans.

Ces derniers soupçonnent une tentative détournée de privatiser le service public de santé.

AFPSource AFP
modifié le 31/01/2011