La remise en forme, aux risques et périls du consommateur
Entre 3 et 5 millions de Français fréquentent un club de gym, un marché en plein essor, mais sécurité et hygiène laissent souvent à désirer, selon un rapport qui met en garde contre les salles en libre-service.

Source photo : Pascal Guyot [AFP/Archives]
Plus de six Français sur dix (61%) s’adonnent à un sport, une hausse de 6 points en trois ans, essentiellement due à la progression du "body-fitness" pratiqué par près d’un Français sur trois.
Une recherche du bien-être qui n'est toutefois pas sans risque, selon un avis de la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) sur les "salles de remise en forme" rendu public lundi.
Principal grief fait à ces salles, au nombre de 10.000 en France: la plupart n’exige pas de "certificat médical de non-contre-indication" à la pratique sportive envisagée.
Sur les huit enseignes commerciales testées, quatre n'en demandaient pas, souligne ainsi Jean-Philippe Cicurel, le secrétaire général de la CSC.
Ce certificat n'est obligatoire que pour les activités donnant lieu à la délivrance d'une licence, mais il est supposé être exigé.
Or, "quelqu'un qui n'est pas évalué sur le plan physique peut avoir un malaise cardiaque", souligne M. Cicurel.
Autre problème, l'absence de défibrillateur dans ces salles ou de "cardiofréquencemètre" sur les vélos qui évite au "coach" de trop pousser à la roue... Quant aux "plaques vibrantes", comme celles commercialisées par Power Plate, la consigne d'utilisation est rarement affichée, alors qu'elles ne doivent pas être utilisées sans un minimum de précaution.
De même, "il est rare que soit affichée une information prohibant l’exercice de la musculation avant l’âge de 15 ans", alors qu'elle peut entraîner des troubles de croissance.
Concernant les locaux, "on s'est aperçus qu'il n'existait pas de véritable réglementation fixant des normes d'hygiène et de sécurité", au-delà des normes minimales de sécurité régissant les établissements recevant du public, poursuit M. Cicurel.
La hauteur du plafond est souvent insuffisante et l'air vicié, faute de système de ventilation adéquat.
La CSC s'inquiète également du développement des salles en libre-service, ouvertes de O6H00 à 23H00 auxquelles on accède grâce à un badge.
Chez Amazonia ou Fitness Park, un "cours vidéo" est diffusé régulièrement, en l'absence de tout encadrement.
"Que se passe-t-il si un pratiquant fait un malaise ?" s'interroge M. Cicurel.
La Commission préconise que les salles de remise en forme (y compris les spas, saunas et hamams) fassent l'objet d'une réglementation spécifique, comme il en existe déjà pour la danse, les arts martiaux ou la piscine.
"Tout à fait d'accord pour tirer le produit vers le haut" à condition que tout le secteur soit logé à la même enseigne, réagit Roland Chauve, le président du Groupement national des entreprises de remise en forme (GERF).
En effet, la majorité des salles en France sont gérées par des associations ou des communes. Dans ces salles à but non-lucratif, il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme d'éducateur sportif dès lors qu'on est bénévole. Ce qui, pour M. Chauve, pose un vrai problème de sécurité.
Alain Barasz, président de la Fédération nationale de fitness et disciplines associées (FNSDA) et du réseau de salles de sport Vit'Halles, juge pour sa part "aberrant" que l'on "exige, d'un côté, que le personnel rémunéré soit diplômé d'Etat, au risque d'écoper d'une amende de 15.000 euros", tout en acceptant, de l'autre, que des "salles fonctionnent sans le moindre enseignant".
![]() | Source AFP |













