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La revue Prescrire propose 57 mesures pour éviter de "futurs Mediator"

 

Ma santé

 

La revue indépendante Prescrire propose 57 mesures pour "protéger la population de futurs Mediator" - un médicament qui aurait fait de 500 à 2000 morts - et, plus largement, "redresser le cap de la politique du médicament".

 

Comprimes et boîte de Mediator le 18 novembre 2010 à Brest

Source photo : Fred Tanneau [AFP/Archives]


Prescrire, qui participe aux Assises du médicament en cours, rappelle avoir demandé, en vain, qu'elles soient accessibles par enregistrement vidéo. A défaut, elle publie ses propositions (www.prescrire.org), afin de "donner à tous l'occasion de s'approprier les termes du débat".

La revue propose d'abord des critères de mise sur le marché des médicaments "plus exigeants", avec des essais cliniques comparant le nouveau médicament aux médicaments existants, et non à un placebo.

La revue suggère aussi un financement public de la formation des professionnels de santé sur les médicaments, ainsi qu'un renforcement important de l'expertise interne des agences. Elle prône une "transparence générale des agences et autres institutions compétentes en matière de médicament", avec un contrôle des déclarations des liens d'intérêts, des sanctions éventuelles, la publication des opinions minoritaires, la mise en ligne des compte-rendus des réunions.

En ce qui concerne la pharmacovigilance, Prescrire propose d'encourager la notification des effets indésirables par les patients et de mettre un pictogramme sur les produits "sous surveillance particulière". Les décisions de suspension ou de retrait d'autorisation de mise sur le marché doivent être prises "sans retard", afin que le doute bénéficie "au patient et non au médicament", souligne Prescrire.

Il convient encore de rendre la formation initiale des professionnels de santé "libre de l'influence des firmes", en développant la transparence des liens d'intérêt des enseignants et en offrant un "financement public suffisant" à l'enseignement et à la recherche. La formation continue doit être également sur financement public.

Prescrire suggère enfin de mettre à disposition du grand public une base d'information sur les médicaments commercialisés "exhaustive et gratuite". Les contrats des soignants avec des firmes devraient être publiés en ligne.

Pour ce qui est des pharmaciens d'officine, la revue imagine une augmentation de leur mode de rémunération en échange d'une mission de conseil et d'accompagnement des patients.

AFPSource AFP
modifié le 10/03/2011