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La syphilis, une IST en recrudescence

 

Ma santé

 

Avec la baisse de la vigilance face au sida, une autre infection sexuellement transmissible, la syphilis, en a profité pour effectuer une recrudescence en France, alors que cette affection avait quasiment disparu dans les années 90 dans notre pays. Que faut-il savoir sur la syphilis, autrefois surnommée « petite vérole » ?

 

La syphilis est hautement infectieuse et contagieuse

La syphilis est une maladie sexuellement transmissible provoquée par la bactérie Treponema pallidum.
Le risque de contamination est très élevé au cours des relations sexuelles aussi bien par voie génitale, qu’anale ou orale. À la suite d’un rapport unique avec une personne infectée le risque de développer la syphilis est de 30 à 40%. Le risque est particulièrement important lorsqu’il y a contact avec les lésions cutanées, le chancre, car ce sont elles qui constituent le réservoir de la bactérie responsable de la maladie.
Le germe pénètre dans l’organisme à travers les muqueuses (vagin, bouche) et la peau, puis se répand très rapidement dans la circulation sanguine via les ganglions les plus proches.
Attention, la syphilis peut aussi infecter le fœtus lors d’une grossesse et être à l’origine de malformations notamment. 
 
Le chancre
Les symptômes de la syphilis débutent 3 à 4 semaines après l’infection (parfois jusqu’à 13 semaines).
L’apparition d’un chancre est le premier témoin de la syphilis. Il s’agit d’une ulcération siégeant au niveau du site de l’infection : généralement au niveau de la verge, de la vulve ou du vagin, mais parfois aussi de l’anus, des mains, de la lèvre ou de la langue. Les éruptions peuvent être récurrentes.
En l’absence de traitement, la syphilis progresse selon 3 stades :
1) Apparition d’un petit chancre, non douloureux, dur au toucher et qui ne saigne pas. Les ganglions lymphatiques au niveau de l’aine augmentent en volume mais sont asymptomatiques. Le chancre pouvant être discret et ignoré, à ce stade, près de la moitié des femmes et un tiers des hommes ne se savent pas infectés.
2) Éruptions cutanées marron rouge en divers endroits (bouche, paume des mains, plante des pieds…) qui guérissent spontanément mais qui peuvent récidiver. Apparition de fièvre, fatigue, avec perte d’appétit et douleurs articulaires.
3) Après une période latente sans symptômes qui peut durer des années, des problèmes neurologiques et cardiovasculaires graves peuvent se manifester.
La syphilis est hautement contagieuse durant les deux premiers stades.
 
Comment porte-t-on le diagnostic de syphilis ?
Une ulcération ou une éruption cutanée caractéristique sur la paume des mains et la plante des pieds suffit à évoquer la syphilis. Le diagnostic est confirmé par des examens complémentaires : analyse de sang et des sécrétions produites par les lésions cutanées, etc.
 
Le traitement de la syphilis
Le traitement repose sur l’injection d’antibiotiques (pénicilline). Au premier stade de la maladie, une seule injection peut suffire. Aux stades suivants, elles doivent être répétées sur une période plus ou moins longue et à une fréquence à définir.
Excepté en cas de syphilis ayant atteint le stade 3 (en raison des lésions neurologiques et cardiovasculaires irréversibles), la guérison est obtenue.
 
Attention, les personnes atteintes de syphilis restent contagieuses jusqu’à la fin de leur traitement et de celui de tous leurs partenaires sexuels. Tout contact sexuel est à éviter, à moins de prendre des précautions très rigoureuses.
Tous les partenaires sexuels (des trois derniers mois en cas de syphilis de premier stade et de l’année écoulée pour la syphilis secondaire) doivent se plier à un contrôle sanguin de recherche d’anticorps. Si l’examen est positif, le partenaire bénéficie également d’un traitement antibiotique.
 
Attention, le fait d’avoir eu la syphilis et d’en être guéri n’offre pas une immunisation contre une nouvelle infection.

 

Carte Blanche Santé
Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), n°3, 2004 ; Direction générale de la santé, communiqué de presse du 15 mai 2002.Source image : Fotolia