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Lancement de la campagne pour le dépistage du cancer colorectal

 

Ma santé

 

"Dès 50 ans, c'est le moment": avec un badge, une campagne télé parodiant "des chiffres et des lettres", un film d'animation pédagogique, les responsables sanitaires veulent inciter les Français à participer au dépistage du cancer colorectal, le 2e cancer le plus meurtrier.

 

Une coloscopie pratiquée en 2008 à Lyon

Source photo : Jean-Philippe Ksiazek [AFP/Archives]


Ce cancer est le 3e en France par le nombre des gens touchés (40.000 nouveaux malades en 2010), derrière ceux de la prostate et du sein.

Avec 17.400 décès en 2010, il vient derrière le cancer du poumon.

Comme le cancer du sein, il fait l'objet d'un programme de dépistage organisé, élargi récemment à 95 départements, et gratuit.

Tous les deux ans, les personnes de 50 à 74 ans sont invitées à se faire remettre par leur médecin un test de recherche de sang non visible à l'oeil nu dans les selles. En cas de présence de sang, le généraliste prescrit une coloscopie, pour rechercher et éventuellement ôter des lésions.

Depuis 2003, le dépistage a permis de découvrir 13.500 cancers colorectaux et 54.000 adénomes (tumeurs bénignes) dont 31.000 à risque, a souligné mardi Pascale Flamant, directrice générale de l'Institut national du cancer (Inca).

Avec une détection précoce, la survie est de plus de 90% à 5 ans.

Et pourtant, la participation au dépistage est limitée. Sur les années 2009-2010, seulement 34% des 17 millions de personnes invitées à se faire dépister ont répondu à l'invitation (36,5% chez les femmes, 31,4% chez les hommes). Si le taux de dépistage était de 50%, la baisse du taux de mortalité serait de 20%.

De région en région, la participation a été très hétérogène, plus élevée qu'ailleurs en Bourgogne (52,4%).

Les tests ont été positifs dans 2,7% des cas (136.500 personnes), soit 3,2% des hommes dépistés et 2,3% des femmes. Dans un cas sur 10, un cancer a été dépisté, et dans 3 à 4 des adénomes. Dans un cas sur deux, un test positif s'est donc avéré être un faux positif.

Rappelant qu'il avait fallu 10 ans pour généraliser le dépistage du cancer du sein, Didier Houssin, directeur général de la santé, a évoqué le développement d'un test immunologique à lecture automatisée, qui sera d'abord expérimenté dans quelques départements. Plus complexe et deux fois plus coûteux, il sera aussi nettement plus fiable que le test hémoccult et devrait réduire le nombre des coloscopies inutiles.

Le Pr Claude Dreux, de l'Académie de médecine, a regretté que les pouvoirs publics "se hâtent très lentement" pour mettre en place ce nouveau type de test.

La campagne pour le dépistage, "mars bleu", a choisi cette année une tonalité dédramatisante. Il y aura une campagne télé sur le mode de l'émission "des chiffres et des lettres", une campagne à la radio et dans la presse écrite, un film d'animation de 2 minutes, accessible sur le site de l'Inca (www.e-cancer.fr), sur YouTube et Facebook.

AFPSource AFP
modifié le 02/03/2011