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Le Bisphénol-A appauvrirait le sperme

 

Enfants et Adolescents

 

Le Bisphénol-A (BPA), déjà montré du doigt pour accroître le risque de dysfonctionnement sexuel masculin et perturber le développement cérébral des foetus et nouveaux-nés, réduirait nettement la concentration et la qualité du sperme, selon une étude publiée jeudi.

 

Des bouteilles d'eau de marque Camelbak, sans Bisphénol-A, le 16 avril 2008 à Arcadia, en Californie

Source photo : David Mcnew [AFP/Getty Images/Archives]


Le BPA est un composé chimique servant à diluer la résine de polyester pour la rendre liquide et faciliter son laminage. Il est de ce fait présent dans un grand nombre de récipients alimentaires et de boissons dont les biberons ainsi que dans les résines de scellement dentaire.

Cette recherche a été menée pendant cinq ans sur 514 ouvriers travaillant dans des usines en Chine.

Les auteurs ont constaté que ceux qui avaient les concentrations les plus élevées de BPA dans leur urine multipliaient le risque de produire un sperme de mauvaise qualité.

"Comparativement aux hommes sans trace détectable de BPA dans l'urine, ceux qui avaient les teneurs les plus élevées multipliaient par plus de trois le risque d'une concentration diminuée de leur sperme et de sa vitalité", précise le Dr De-Kun Li, un épidémiologiste de Kaiser Permanente (consortium privé américain de soins et d'assurance maladie), principal auteur de cette communication qui paraît dans la revue "Fertility and Sterility".

Il s'agirait de la première étude menée sur l'homme pour évaluer le lien entre la qualité du sperme et le BPA.

Des recherches sur des animaux avaient déjà mis en évidence des effets néfastes de cette substance sur le système reproducteur des souris et des rats.

Il s'agit de la troisième étude d'une série conduite par le Dr Li sur les effets du BPA sur l'organisme humain.

La première, publiée en novembre 2009 dans l'Oxford Journals Human Reproduction, avait conclu qu'une exposition à des hauts niveaux de BPA sur le lieu de travail augmentait le risque d'une diminution des fonctions sexuelles.

La seconde étude, en mai 2010, parvenait un peu aux mêmes conclusions liant des teneurs élevées de BPA dans l'urine à une aggravation des dysfonctionnements sexuels masculins.

Financée par l'Institut national américain de la sécurité et de la santé au travail (NIOSH), les conclusions de l'étude publiée jeudi viennent jeter un doute supplémentaire sur l'innocuité du BPA.

Le Canada est devenu, le 14 octobre, le premier pays à classer le BPA dans la catégorie des substances toxiques. Il avait aussi été le premier en 2009 à interdire les biberons en plastique rigide, une mesure reprise depuis par d'autres pays, dont la France et le Danemark.

En mars 2009, les six plus gros fabricants américains de biberons avaient décidé de cesser de vendre aux Etats-Unis des produits contenant du BPA.

Mais ce n'est qu'en janvier 2010, que l'agence américaine des médicaments (FDA), s'est pour la première fois inquiétée de possibles risques pour la santé présentés par le BPA, qu'elle avait déclaré sans danger en 2008.

"Les résultats d'études récentes, recourant à de nouvelles approches qui détectent des effets plus subtils du BPA, suscitent des inquiétudes chez les toxicologues des Instituts nationaux de la santé (NIH) et de la FDA quant à ses effets potentiels sur le cerveau et la prostate des foetus et des jeunes enfants", avait indiqué au début de l'année l'agence fédérale sur son site.

AFPSource AFP
modifié le 28/10/2010