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Le camp retranché des fumeurs de New York fait face à de nouveaux assauts

 

Ma santé

 

Les fumeurs new yorkais, déjà assiégés depuis plusieurs années, font face à de nouvelles mesures restrictives et commencent à se demander où ils pourront allumer une cigarette.

 

Une femme fume une cigarette à l'extérieur d'un immeuble de bureau, le 7 juillet 2010 à New York

Source photo : Don Emmert [AFP]


Deux femmes fument devant un immeuble de bureau, le 7 juillet 2010 à New York

Source photo : Don Emmert [AFP]


Une augmentation des taxes à la vente début juillet a déjà fait s'envoler le prix du paquet, qui atteint désormais entre 11 et 15 dollars.

Cette semaine, le maire de la ville Michael Bloomberg, un ancien fumeur devenu combattant acharné du tabac, a soutenu pour la première fois ouvertement une idée lancée par des responsables des services de santé: bannir la fumée dans les parcs et sur les plages.

Les fanatiques de la nicotine, déjà chassés des bars, restaurants, bureaux et autres espaces publics fermés, enragent.

"Nous sommes assaillis de toutes parts", dit Tom Hruby, 50 ans, un réalisateur, qui fume une Pall Mall en conversant avec un ami à la lisière de Central Park. "Réglementer l'air dans un parc vous mène un Etat à une encablure du régime fasciste", estime-t-il.

"C'est fou", renchérit son ami Arron Williams, 52 ans, lui aussi amateur. "Où allons-nous fumer?".

Les autorités de la ville et de l'Etat de New York comptent sur les prix exorbitants des cigarettes pour remplir les caisses du trésor et contraindre beaucoup de fumeurs à renoncer à leur passion, abaissant du même coup les dépenses de santé.

La dernière des hausses en date, 1,65 dollar par paquet, élève la taxation à 4,35 dollars par paquet pour l'Etat de New York, auxquels s'ajoute un prélèvement de 1,50 dollars par la municipalité. Les recettes supplémentaires attendues s'élèvent à 440 millions de dollars, une manne pour un des Etats les plus endettés des Etats-Unis.

Mais interdire de fumer dans les nombreux parcs de la ville et le long des immenses plages qui la bordent mettraient la croisade à un niveau inégalé pour Michael Bloomberg, dont les batailles dans le domaine de la santé portent aussi sur les calories et le sel dans les aliments servis dans les cantines et restaurants.

L'idée de bannir encore plus complètement le tabac a été lancée une première fois par le chef des services de santé de New York, Thomas Farley, qui impute à la fumée 7.500 décès annuels dans New York, plus que le sida, la drogue, le suicide et les meurtres réunis.

Mardi dernier, M. Bloomberg lui a apporté son soutien. "Nous parlons d'interdire de fumer sur les plages et dans les parcs, parce que vous pouvez respirer cet air", a-t-il déclaré. "Et puis les gens jettent leurs mégots n'importe où", a-t-il ajouté.

De plus, les habitants de la ville "ne veulent pas être gênés par les fumeurs", a assuré le maire.

Les sceptiques pensent que la police a mieux à faire que poursuivre les fumeurs, et que les taxes exorbitantes alimentent un marché noir en pleine expansion. Les fumeurs vont aussi se procurer leur poison 50% moins cher qu'à New York dans d'autres Etats, ou dans des réserves indiennes.

Dans Central Park cette semaine, Mireya, inspectrice en bâtiment souhaitant conserver l'anonymat, dit qu'elle est trop "accro" à ses Marlboro mentholées pour songer arrêter.

"Depuis la dernière augmentation, une de mes collègues a abandonné, elle a dit: +ça suffit+", dit Mireya. "Moi j'arrêterais bien si je pouvais, mais tant que ce n'est pas un délit, j'aimerais pouvoir le faire en public, je ne suis ni soûle ni droguée", ajoute cette femme de 55 ans.

Et pour elle, le débat ne porte pas tant sur la santé que sur les droits du citoyen. "J'adore ce pays, mais une des choses que j'aime le plus ici est la liberté", dit-elle.

AFPSource AFP
modifié le 12/07/2010