Le dos de l'enfant
Chez l'enfant, une mauvaise posture n'est pas toujours synonyme d’une vraie scoliose. Celle-ci doit être détectée le plus tôt possible pour être corrigée. Un enfant ou un adolescent qui se tient mal peut en revanche présenter une « attitude scoliotique ». D'où toute l'importance d'une surveillance rigoureuse de la colonne vertébrale tout au long de la croissance, afin de dépister toute déformation (scoliose, cyphose) et de corriger suffisamment tôt un simple défaut postural.
La scoliose est un trouble de croissance au niveau de la colonne vertébrale, vraisemblablement lié à une anomalie au niveau des vertèbres ou d’un disque vertébral. Elle se traduit par une rotation et une inclinaison d’une ou plusieurs vertèbres, entraînant une torsion de la colonne. Dans les cas les plus extrêmes, la personne semble « bossue ».
Elle concerne sept fois plus souvent les filles que les garçons. Il existe une prédisposition familiale : dans un cas sur trois, on retrouve un autre cas dans la famille.
L’attitude scoliotique
Il faut cependant bien la distinguer de l’ « attitude scoliotique », qui, elle, n’est pas due à une déformation vertébrale, mais à un défaut postural : l’enfant se tient penché sur le côté. Une inégalité de longueur des membres inférieurs, une raideur ou une contraction de la hanche, ou une mauvaise posture sur les bancs de l’école peuvent en être la cause.
L’évolution est le plus souvent favorable. La courbure anormale disparaît quand le bassin est rééquilibré et donc lorsque des solutions sont adoptées pour corriger la mauvaise posture. Toutefois, lorsque le défaut est important, une rééducation est nécessaire. L’objectif est d’apprendre à l’enfant à connaître son dos afin qu’il corrige sa posture, et d’acquérir des muscles de bonne qualité, tout autour de sa colonne.
La scoliose est moins fréquente que l’attitude scoliotique. Elle peut apparaître dès la naissance, durant l’enfance ou à partir de 12 ans et jusqu’à la fin de la maturité osseuse, généralement jusqu’à l’âge de 18 ans. Le risque d’aggravation (dans 10 à 15% des cas) est d’autant plus important qu’elle est apparue précocement. En effet, la scoliose peut évoluer ou non avec la croissance. Toutefois, dans bon nombre de cas, elle reste stable.
Signe de reconnaissance de la scoliose
Lorsque l’enfant s’incline vers l’avant, une bosse du dos apparaît d’un côté. Ce signe doit être reconnu et recherché par les parents. Dès qu’une toute petite anomalie est constatée, il est nécessaire de faire des radios. Le dépistage se fait en consultation chez le chirurgien orthopédiste. Ensuite, une surveillance régulière par le chirurgien orthopédiste s’impose tous les 4 à 6 mois jusqu’en fin de croissance.
Les traitements
- Sans évolution, l’enfant continue d’être surveillé et effectue quelques séances de rééducation.
- Si une aggravation est constatée d’un examen à l’autre, l’enfant doit, dans la plupart des cas, porter un corset jusqu’à la fin de sa croissance (jour et nuit, uniquement la nuit ou quelques heures par jour selon la vitesse évolutive de la scoliose).
- Dans le cas d’une scoliose d’évolution rapide et grave malgré le port du corset ou la découverte d’une angulation importante, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Elle consiste à greffer les vertèbres les unes aux autres après avoir redressé la colonne vertébrale.
La cyphose
Moins connue du grand public, la cyphose est un trouble de croissance au niveau du cartilage de croissance des vertèbres. Comme pour la scoliose, il ne faut pas confondre cyphose et attitude cyphotique. Cette dernière est un défaut postural : l’enfant se laisse aller en avant. En revanche, la cyphose correspond à une déformation de profil de la colonne vertébrale : les vertèbres ont une croissance asymétrique et grandissent plus en arrière qu’en avant.
Signe de reconnaissance de la cyphose
De profil, l’enfant a le dos rond. Généralement, ce signe est plus facilement détecté par les parents que la scoliose.
Le traitement
Dans la plupart des cas, la cyphose n’évolue pas en période de croissance. Toutefois, elle peut parfois s’aggraver. Un traitement chirurgical est alors nécessaire. Il consiste à bloquer la dernière vertèbre lombaire en la reliant au sacrum.
A noter que la médecine scolaire permet un bon dépistage des pathologies du rachis. Toutefois, beaucoup d’enfants passent au travers. C’est pourquoi le pédiatre, le médecin généraliste et les parents doivent toujours rester particulièrement vigilants.
A savoir
- Le cartable, porté sur le dos ou l’épaule, aussi lourd soit-il, n’a pas fait la preuve de sa responsabilité dans les troubles de croissance. En revanche, il peut être la cause de lombalgies.
- De la même façon, les douleurs du dos n’annoncent pas forcément une pathologie rachidienne. Elles sont fréquemment liées à un problème de positionnement (jeux ou travail à plat ventre sur le sol, sur le lit…), parfois à une pratique sportive fréquente et intense. Le plus souvent, elles disparaissent après l’adoption d’une bonne habitude de vie. Si elles persistent au-delà d’un mois, il est cependant nécessaire de consulter afin de passer une radio, tout particulièrement si l’enfant est en période de forte croissance.
Conseils de prévention
- Apprenez à votre enfant à se tenir correctement, la colonne bien droite, et à s’asseoir le dos bien calé (pas de pieds sous les fesses).
- N’oubliez pas d’adapter son bureau et son siège à sa taille.
- Il doit pratiquer régulièrement une activité sportive, quelle qu’elle soit. Si les sports classiquement recommandés pour la colonne vertébrale sont la natation, le basket, le volley, le hand-ball et l’équitation en manège, en réalité tous les sports sont bons, à condition qu’ils soient bien pratiqués.
- Même en cas de scoliose, toutes les activités demeurent possibles. Et même si votre enfant porte un corset, il doit poursuivre une activité sportive.
- Et revenons au cartable : privilégiez le port du cartable sur le dos plutôt qu’en bandoulière sur l’épaule. Assurez-vous que la partie en contact du dos est plane et que les armatures sont adaptées, réglables et permettent une bonne répartition du poids.

Auteur : Isabelle Eustache
Sources :Communiqué de la Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique, Président Dr Jean Barthas, chirurgien orthopédiste, Hôpital Saint-Joseph à Paris, www.sofcot.com.fr.












