Le fibrome utérin
Le 04/08/2010 Ã 15:29
Les fibromes sont des tumeurs bénignes qui ont l'inconvénient d'être fréquentes. Selon leur localisation et leur taille, ils peuvent aussi entraîner des symptômes plus ou moins gênants, plus ou moins douloureux, allant de saignements abondants et désordonnés à des douleurs pelviennes, voire des soucis de fertilité. C'est ainsi que l'on peut être amené à les enlever en choisissant parmi les différentes techniques disponibles.
Qu’est-ce qu’un fibrome ?
Les fibromes sont des tumeurs bénignes et fréquentes qui s’installent au niveau de l’utérus. On estime qu’un quart des femmes de race blanche présentent des fibromes et la moitié des femmes de race noire.
Leur taille est très variable, allant de celle d’un petit pois à celle d’un petit melon. Le plus souvent, il n’existe pas un fibrome unique, mais plusieurs.
A quoi sont dus les fibromes ?
Leur cause reste inconnue, mais les hormones sexuelles féminines favorisent le développement de ces tumeurs. D’où leur fréquence élevée au cours de la grossesse et leur disparition après la ménopause.
Quels sont les symptômes ?
Les fibromes peuvent apparaître à l’intérieur de l’utérus, mais aussi parfois à l’extérieur de l’utérus ou encore à l’intérieur même de la paroi de l’utérus. D’où des symptômes variables selon la position, le nombre et la taille des fibromes. Attention toutefois, de nombreux fibromes sont totalement asymptomatiques.
Lorsque les fibromes sont situés dans l’utérus, ils peuvent provoquer des règles très abondantes, accompagnées de crampes, des saignements en dehors des cycles (pouvant être à l’origine d’une anémie) et des douleurs pelviennes. Les autres localisations tendent à induire une pression sur le muscle pelvien et sur les organes voisins, d’où des mictions fréquentes et/ou impérieuses, un inconfort digestif, une constipation, un gonflement abdominal, un mal de dos, une gêne lors des rapports sexuels, voire un risque d’infertilité si la tumeur obstrue les trompes de Fallope, déforme la cavité utérine ou empêche l’implantation de l’embryon. Au cours de la grossesse, un fibrome peut induire des complications (avortement, prématurité, mauvaise présentation, hémorragie en post-partum…).
Comment fait-on le diagnostic ?
Plusieurs types d’examens permettent de diagnostiquer un fibrome, allant du simple toucher vaginal en passant par l’échographie tranvaginale ou l’imagerie par IRM. Mais en cas de saignements, l’important est d’exclure la présence d’un cancer de l’utérus : biopsie, échographie, hystéroscopie…
On recherche parallèlement la présence éventuelle d’une anémie, et souvent, on procède à un dosage des hormones sexuelles afin de vérifier si tout est normal.
Quel est le traitement ?
En l’absence de symptôme, le fibrome n’est pas traité. Une simple surveillance est mise en place tous les 6 à 12 mois afin de s’assurer qu’il ne grossit pas.
En revanche, en cas de saignements, de symptômes douloureux, d’augmentation du volume de la tumeur, plusieurs solutions sont envisageables :
· Des traitements hormonaux (pilule, agoniste GnRH…) pour atténuer temporairement les symptômes et limiter le développement des fibromes.
· L’exérèse (ou myomectomie) qui consiste en une ablation du fibrome. La fertilité est conservée, même si parfois la césarienne est imposée lors de l’accouchement. En revanche, cette technique s’accompagne d’un risque important de récidives (50% des cas). L’exérèse peut être réalisée après incision de l’abdomen ou grâce à l’introduction d’une fibre optique et d’instruments miniatures par la voie naturelle que représente le vagin (hystéroscopie) ou par une petite incision au niveau du nombril (laparoscopie). Il existe des variantes de l’exérèse lesquelles consistent à détruire la partie centrale du fibrome à l’aide d’une aiguille qui envoie du courant électrique ou d’une sonde générant un froid intense (azote liquide). Mais ici, les risques pour la fertilité sont mal connus.
· L’embolisation de l’artère utérine : en bloquant l’irrigation de l’utérus, les fibromes dégénèrent. La fertilité n’est pas conservée.
· L’ablation de l’endomètre : la suppression de la muqueuse de l’utérus supprime les règles et les douleurs, mais la fertilité n’est pas préservée.
· Et en dernier recours, l’hystérectomie : ablation totale de l’utérus.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : L\'encyclopédie médicale Larousse.












