Le glaucome, à dépister dès 45 ans !
Le glaucome est une maladie grave qui entraîne une destruction progressive et irréversible du nerf optique. On estime à plus d'un million le nombre de Français concernés. Cette maladie oculaire étant d'évolution silencieuse, elle doit être dépistée avant l'apparition des symptômes. Une visite chez l'ophtalmologiste s'impose donc tous les deux ans, à partir de 45 ans, voire 40 ans en cas de prédisposition familiale.
Le message le plus important à connaître autour du glaucome est son installation insidieuse. Il ne se manifeste pas par des symptômes évidents, il évolue à bas bruit pendant des années. Et lorsqu'il s'accompagne enfin de signes révélateurs, il est trop tard, les dégâts sont déjà irréversibles. La seule solution est donc de participer à des dépistages précoces en se rendant chez un ophtalmologiste. C'est en mesurant très simplement la pression intraoculaire que l'on peut suspecter une forme débutante de glaucome et mettre en place un traitement qui stoppera son évolution.
Les différents types de glaucomes
Le glaucome est dû à une augmentation de la pression intraoculaire qui entraîne une atteinte du nerf optique et une réduction progressive du champ visuel puis de l'acuité visuelle.
Mais il existe toutes sortes de glaucomes. Toutefois, on distingue principalement le glaucome aigu ou glaucome à angle fermé, qui est rare, et le glaucome chronique ou glaucome à angle ouvert, forme la plus fréquente, qui regroupe près de 80% des cas.
Le glaucome aigu se caractérise par une augmentation très rapide de la pression qui provoque en quelques heures de violentes douleurs. L'œil est rouge et dur, et la vue est floue avec des halos colorés autour des lumières. Il s'agit d'une urgence.
Le glaucome à angle ouvert se caractérise inversement par une augmentation de la pression intraoculaire très progressive. Indolore et sans aucun symptôme, la maladie passe longtemps inaperçue. À ce stade, seul un bilan ophtalmologique comprenant une mesure de la pression intraoculaire peut dépister la présence d'un glaucome.
Ensuite, peu à peu, le champ visuel est atteint. La vision périphérique est la première à être touchée, puis la vision centrale. L'acuité de près et de loin est altérée. Si rien n'est fait pour stopper cette évolution, on aboutit à la cécité. Cet extrême est rare dans nos pays industrialisés, mais très fréquent dans les pays les plus pauvres, à tel point que le glaucome est la 2e cause de cécité dans le monde, après la cataracte…
Quels sont les facteurs de risques ?
Glaucome chronique
Au-delà de 50 ans.
Grand myope.
Caractère familial, prédisposition génétique (20 à 30% des cas).
Populations noires.
Hypertension ou hypotension, excès de cholestérol, migraine ou tout autre problème vasculaire pouvant nuire à l'irrigation sanguine du nerf optique.
Traumatisme direct ou consécutif à une intervention chirurgicale.
Glaucome aigu
Sexe féminin.
Hypermétropie.
Cataracte avancée.
Populations chinoises, indiennes et du Groenland.
Qui, quand et comment se faire dépister ?
Qui ? Les sujets les plus à risque doivent se faire dépister très régulièrement : au minimum toutes les personnes à partir de 45 ans et en cas d'antécédent familial.
Quand ? Dès 45 ans puis tous les deux ans. Dès 40 ans en cas de prédisposition familiale et de façon plus rapprochée. Il faut en discuter avec son ophtalmologiste.
Comment ? Seul un ophtalmologiste peut dépister un glaucome. Il procède à une mesure de la pression intraoculaire et à un fond d'œil. Ce dernier examen permet d'évaluer l'état du nerf optique.
Quels sont les traitements ?
Pour stopper l'évolution d'un glaucome on peut recourir à des médicaments sous forme de collyres, aux lasers et/ou à la chirurgie. Le traitement est toujours personnalisé.
Les collyres permettent de diminuer la pression intraoculaire. Leur emploi est contraignant car ils s'appliquent une à plusieurs fois par jour à heures régulières.
Les lasers visent aussi à faire diminuer la pression intraoculaire. Certains agissent de façon à diminuer la production de l'humeur aqueuse, qui en excès est responsable de l'augmentation de pression, d'autres facilitent son évacuation.
La chirurgie est le traitement de dernier recours. Elle consiste à réaliser un petit trou dans l'iris afin de faciliter le drainage de l'humeur aqueuse.
Pour en savoir plus
Société française d'ophtalmologie : www.sfo.asso.fr

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Institut du glaucome, www.institut-du-glaucome.fr ; Société française du glaucome, www.leglaucome.fr.












