Le réseau environnement santé demande une réévaluation des édulcorants
Le réseau environnement santé (Res) a demandé vendredi à l'agence sanitaire de l'alimentation (Anses) de réévaluer "rapidement" l'ensemble des édulcorants, et tout particulièrement l'aspartame, un produit "sans utilité" mais peut-être pas "sans risques".

Source photo : AFP/Archives
Lors d'une conférence sur l'aspartame et ses risques, plusieurs responsables du Res, un réseau de lanceurs d'alerte, ont indiqué avoir saisi l'Anses pour lui demander d'étudier s'il n'y avait pas lieu de baisser la dose journalière admissible (DJA) de l'aspartame. La DJA, qui définit le seuil de toxicité d'un aliment, est de 40 mg/kg de poids corporel/jour pour l'aspartame.
"L'Anses, la plus grande agence sanitaire européenne, doit être exemplaire", a souligné André Cicollela, président du Res.
Le Res devrait aussi envoyer très prochainement une demande à l'Ania (association des industries alimentaires) pour que des mises en garde pour les femmes enceintes soient apposées sur les produits contenant de l'aspartame. Une lettre similaire pour les médicaments devrait être transmise au Leem, le syndicat des Entreprises du médicament.
Cette démarche fait suite à la publication d'une étude danoise montrant une augmentation des risques de naissance avant terme chez les femmes consommant beaucoup de boissons light.
"Les interactions entre l'aspartame et les médicaments ont été insuffisamment étudiées chez le diabétique", a souligné le Dr Laurent Chevallier, nutritionniste et responsable de la Commission Alimentation du Res.
Il a émis les mêmes réserves sur les interactions possibles avec les médicaments de la stévia, un édulcorant récemment autorisé par l'Anses.
Le Res recevait le chercheur italien Morando Soffritti, directeur scientifique de l'institut Ramazzini, un centre de recherche sur la cancérologie environnementale, qui vient de publier une nouvelle étude de cancérogénicité de l'aspartame.
Le Dr Soffritti, arrivé jeudi à Paris, a été aussitôt auditionné par l'Anses sur cette étude, a indiqué M. Cicolella.
Pour le chercheur italien, l'aspartame devrait être ajouté à la liste des agents de risque potentiels pour la leucémie infantile. Il a souhaité une étude épidémiologique sur le sujet.
Il a suggéré aussi à ceux qui critiquaient la méthodologie de sa dernière étude sur l'aspartame de "faire ce qu'on fait dans ce cas-là : la recommencer".
Et il a dit chercher des financements pour "tester la stévia et voir si elle est sûre".
![]() | Source AFP modifié le 24/01/2011 |













