Le syndrome prémenstruel
Le 04/08/2010 Ã 15:29
Mauvaise humeur, irritabilité, gonflement et tension mammaire, migraine, etc., sont autant de symptômes attribués au syndrome prémenstruel, lequel survient typiquement en fin de cycle pour disparaître avec la venue des règles. Quels sont les autres symptômes ? Comment expliquer ce phénomène ?
Le syndrome prémenstruel : symptômes et autres caractéristiques
Le syndrome prémenstruel désigne un ensemble de symptômes physiques et psychologiques qui se manifestent spécifiquement en fin de cycle et qui disparaissent spontanément avec la survenue des règles.
Les symptômes susceptibles d’apparaître chaque mois à cette même période sont très divers :
Symptômes physiques
Rétention d’eau
Sensation de gonflement
Gain de poids
Poitrine gonflée, tension et douleur mammaire
Ballonnement
Constipation
Diarrhées
Douleurs musculaires et articulaires
Palpitations cardiaques
Fringales
Migraine
Fatigue, manque d’énergie
Insomnies
Problèmes cutanés (acné, dermite…)
Symptômes psychologiques
Dépression
Saute d’humeur, tristesse
Crises de pleurs
Hypersensibilité émotionnelle
Irritabilité, agressivité
Difficulté de concentration, troubles de mémoire
Anxiété, nervosité
Faible estime de soi
Quelles sont les femmes à risque de syndrome prémenstruel ?
Toute femme en âge de procréer peut développer un syndrome prémenstruel. Globalement, on estime que 75% des femmes souffrent d’un ou de plusieurs de ces symptômes en fin de cycle. Les symptômes et leur intensité sont très variables d’une femme à une autre, mais aussi d’un cycle à un autre chez une même femme.
Mais seulement entre 2 et 10% souffrent d’un véritable syndrome prémenstruel, associant plusieurs symptômes, d’intensité élevée, et qui interfèrent avec la vie quotidienne.
En effet, le diagnostic de syndrome prémenstruel est classiquement porté lorsque les symptômes apparaissent 5 à 10 jours avant la survenue des règles, pendant au moins 3 cycles consécutifs, et disparaissent dans les 4 jours suivant le début des règles, et dont les conséquences sont réelles sur les activités quotidiennes. En cas de syndrome prémenstruel sévère les symptômes peuvent sévèrement perturber le travail et les activités sociales.
Quels sont les facteurs de risque d’un véritable syndrome prémenstruel ?
Quelles sont les causes du syndrome prémenstruel ?
Le syndrome prémenstruel est clairement sous influence hormonale. Il semble résulter des oscillations en concentrations estrogéniques et progestatives pendant le cycle menstruel.
Un déficit en sérotonine, un neurotransmetteur qui, dans le cerveau, est impliqué dans l’humeur, pourrait également être responsable du syndrome prémenstruel.
Enfin, il existe des facteurs favorisants, comme la dépression (ou les antécédents personnels ou familiaux de dépression), le stress, une carence en vitamines ou en minéraux, une consommation excessive d’alcool, de sel ou de caféine, etc.
Du diagnostic au traitement
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire. Il est recommandé de tenir un journal durant au moins deux mois et d’y consigner quotidiennement les symptômes endurés. Les troubles pourront ensuite être mis en parallèle avec la date du premier jour. Le médecin pourra ainsi différencier le syndrome prémenstruel d’une vraie dépression par exemple.
Le traitement est celui des symptômes. Une diminution des apports en sel peut par exemple soulager le phénomène de rétention d’eau et la sensation de gonflement. Des diurétiques peuvent également stimuler l’élimination de liquide en excès. L’exercice physique et la gestion du stress font partie des techniques visant à réduire l’anxiété et l’agitation. Une supplémentation en calcium, en magnésium et/ou en vitamines du groupe B est souvent recommandée. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens sont utiles pour atténuer les différentes douleurs : migraine, douleurs articulaires, crampes abdominales, etc. Le changement de pilule peut aussi avoir des effets favorables, notamment sur les tensions et douleurs mammaires (en bloquant l’ovulation et en stabilisant les fluctuations hormonales).
Des antidépresseurs sont parfois prescrits en cas de syndrome accompagné de troubles psychologiques importants (dépression, insomnies, fatigue, fringales…). Enfin, on peut aussi parfois recourir à une supplémentation en hormones (progestérone).
On peut retenir qu’à chaque femme ses symptômes et son propre traitement.
Dans tous les cas, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin traitant ou à son gynécologue afin de trouver une prise en charge personnalisée.

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Farage MA et coll., Arch Gynecol Obstet. 2008 Oct;278(4):299-307. Epub 2008 Jul 1. Review ; Di Giulio G et coll., J Psychosom Obstet Gynaecol. 2006 Dec;27(4):201-10. Review ; Cunningham J, et coll., Harv Rev Psychiatry. 2009;17(2):120-37 ; Tepper SJ, Curr Pain Headache Rep. 2008 Dec;12(6):463-7. Review.Source image : Fotolia












