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Les acouphènes

 

Ma santé

 

Ces bourdonnements, sifflements ou tintements incessants, sans qu'il y ait pourtant de source sonore externe identifiée, ce sont des acouphènes. Quelque 10 à 20% des Français en souffrent à des degrés divers. Pour certaines personnes, les acouphènes sont occasionnels, pour d'autres, ils sont permanents, à tel point que dans 5% des cas ces perceptions sonores deviennent insupportables?

 

Les acouphènes se manifestent sous la forme de ronronnements, bourdonnements, grognements, sifflements, en l’absence de toute source sonore. Les bruits entendus peuvent être plus complexes et varier avec le temps. Ils sont davantage perceptibles dans les ambiances calmes et feutrées.

Certaines personnes s’en accommodent, mais pour d’autres, ce bruit de fond permanent peut devenir intolérable et entraver par exemple la phase d’endormissement. 
 
A quoi sont dus les acouphènes ?
Les acouphènes apparaissent souvent passé la soixantaine et accompagnent fréquemment une perte auditive liée au vieillissement.
Ils sont aussi parfois associés à différentes maladies ou symptômes : otite, maladie de l’oreille interne, obstruction du conduit auditif ou de la trompe d’Eustache, syndrome de Ménière, vertiges, tumeur de l’oreille moyenne, anémie, hypothyroïdie, allergie, hypertension, maladies cardiovasculaires, etc.
Certains médicaments peuvent aussi entraîner des acouphènes (antibiotiques aminosides, fortes doses d’aspirine).
Et enfin, ils peuvent résulter d’un traumatisme sonore, comme après une exposition à des niveaux sonores élevés (concerts, discothèques, explosions…). L’acouphène peut alors être passager, disparaissant au bout de quelques heures, ou permanent, indiquant que des cellules auditives ont été définitivement lésées. A noter que plus ces traumatismes sont fréquents, plus les acouphènes risquent d’être permanents et plus la dégradation de l’audition liée au vieillissement s’accélère.
 
Quand consulter un ORL ?
En cas d’acouphène à la suite d’une exposition sonore intense, comme après un concert par exemple, ou en cas d’acouphène qui persiste, il est recommandé de consulter rapidement un médecin ORL. Celui-ci réalisera un bilan auditif, parfois aussi un examen d’imagerie par IRM, afin d’en rechercher la cause.
 
Quels sont les traitements ?
Le traitement est celui de la cause. Mais bien souvent, aucune origine n’est détectée (dans 43% des cas). Il n’existe alors pas de traitement permettant de faire disparaître ce trouble auditif. En revanche, différentes techniques peuvent rendre tolérables les acouphènes. L’objectif de ces méthodes est d’aider la personne à vivre avec ses acouphènes, en faisant en sorte que son cerveau filtre davantage les artefacts sonores.
Il existe des appareillages qui soulagent la nuisance sonore, comme des générateurs de bruits dans l’oreille qui masquent les acouphènes ou des prothèses auditives qui amplifient le bruit environnant et traitent en même temps une surdité associée.
On utilise également les psychothérapies pour aider à dédramatiser la situation, les thérapies acoustiques d’habituation et les thérapies cognitives et comportementales. Ces approches psychologiques donnent généralement de bons résultats
 
Comment prévenir les acouphènes ?
En vous protégeant du bruit : évitez les volumes sonores trop élevés, portez des boules quiès ou des bouchons anti-bruits lors des concerts, en discothèque, en utilisant des outils sur les lieux professionnels ou à l’occasion des loisirs (machines-outils, perceuses, ponceuses, tondeuses, etc.). Les musiciens sont aussi particulièrement concernés.
Réduisez votre stress pour prévenir les acouphènes, mais également pour ne pas les aggraver.
Faites de l’exercice physique régulièrement pour prévenir de nombreuses maladies, dont celles susceptibles de générer des acouphènes comme l’hypertension et autres maladies cardiovasculaires.
 
 
 
 

 

Carte Blanche Santé
Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : AudioActu, printemps/été 2008,