Les allergies respiratoires professionnelles: 15% des asthmes de l'adulte
Les allergies professionnelles représentent 15% des asthmes de l'adulte et pèsent lourd parmi les allergies respiratoires dont le nombre double tous les dix ans, selon des pneumologues allergologues réunis depuis mardi à Paris.

Source photo : Michael Urban [DDP/AFP/archives]
La rhinite allergique toucherait, selon les estimations, 6 à 9% des enfants, 11 à 27% des adolescents et 25 à 35% des adultes, et l'asthme, la manifestation la plus aboutie de l'allergie respiratoire, 9% des enfants et 8% des adultes.
"L'asthme est la maladie chronique de l'enfant la plus fréquente", a souligné jeudi le Pr Pascal Demoly, président de la société française d'allergologie, à l'occasion du 6e congrès francophone d'allergologie.
En France, il y aurait 1.500 à 2.000 décès par an liés à l'asthme, surtout chez les personnes âgées.
Si les pathologies allergiques ont en commun une sensibilité particulière largement d'origine génétique, les facteurs d'environnement jouent un rôle d'allergènes souvent difficiles à éviter.
Ce qui est le cas notamment dans le cadre professionnel, où les allergies respiratoires seraient sous-diagnostiquées. Environ 15% des asthmes de l'adulte peuvent être attribués à l'environnement professionnel, à l'origine aussi de rhinites récidivantes.
Selon les allergologues, l'asthme, une "hyperréactivité bronchique", est d'autant plus agressif que l'inhalation d'allergènes professionnels est prolongée, et continue "souvent après l'exposition professionnelle".
Chaque année, selon le Pr Pierre Frimat (CHRU de Lille) "1.250 à 5.000 travailleurs par an seraient restés en bonne santé s'ils n'avaient pas été exposés à des produits à risque".
Les plus à la peine, selon le Pr Benoît Wallaert, pneumo-allergologue au CHU de Lille, sont les boulangers. Les farines qu'ils inhalent - et aussi les additifs et les contaminants - représentent 21,9% des allergènes professionnels de l'asthme. Suivent les isocyanates que l'on trouve dans les peintures (14%).
Il y a aussi le latex dans les gants des professions médicales, les aldéhydes des produits utilisés pour la désinfection, les persulfates alcalins des coiffeurs, voire, à un moindre degré, les poussières de bois et les animaux.
La plupart de ces substances exposent aussi à des allergènes cutanés.
Pour prévenir ces allergies professionnelles, on préconise le port de gants ou de masques. Des produits de décoloration "sont présentés sous forme de pâtes au lieu de poudres très volatiles", note le Pr Frimat. Les gants en latex sont moins utilisés. Chez certains boulangers, on trouve des pétrins équipés d'un couvercle protecteur. L'allergie des boulangers est pris en charge comme maladie professionnelle.
Pour les allergologues, faute de pouvoir éviter les allergènes concernés, il n'y a d'autre possibilité que de fuir la source de l'allergie et de changer de métier.
![]() | Source AFP modifié le 24/04/2011 |













