Les campagnes de vaccination en péril, faute de moyens
Les campagnes de vaccination sont actuellement menacées par le manque de financement alors que de nouveaux vaccins pourraient sauver plus d'un million d'enfant par an, estime une étude publiée mardi par la Fédération de la Croix-Rouge et l'Alliance Gavi.

Source photo : Kambou Sia [AFP/Archives]
"Alors que de nouveaux vaccins antipneumococciques et antirotavirus pourraient sauver plus d’un million d’enfants chaque année, les campagnes de vaccination sont en péril par manque de financement", expliquent dans un communiqué commun la Fédération internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge (FICR) ainsi que l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (Gavi).
L'étude des deux organismes dont le siège est à Genève relève que "36% de tous les décès dans le monde d’enfants de moins de cinq ans sont dus à seulement deux infections : la pneumonie et la diarrhée".
"La plupart de ces vies pourrait être sauvée grâce à des campagnes de vaccination efficaces assez peu coûteuses", souligne-t-elle.
Selon elle, quatre milliards de dollars pourraient permettre de sauver "plus de quatre millions de vies", "grâce au développement de la vaccination de routine contre des maladies telles que la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, ainsi qu’à d’autres vaccins".
Ces mesures pourraient, selon les deux organisations, permettre des avancées considérables en termes de santé, en vue notamment de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ces objectifs arrivent à échéance en 2015 et doivent faire l'objet d'un accord à la prochaine Assemblée générale de l'ONU qui débute le 23 septembre à New York.
Le rapport de la Fédération et de Gavi donne l'exemple de la lutte contre la rougeole pour laquelle une initiative a été créée en 2001, mais qui souffre aujourd'hui d'"un affaiblissement de la volonté politique" ayant provoqué une résurgence de cette maladie.
"Il est de plus en plus préoccupant de constater que les acquis de la dernière décennie pourraient être perdus: la rougeole engendrerait plus de 500.000 décès d’ici à 2012", explique ainsi le document citant les récentes flambées constatées en Afrique, "où la mortalité due à cette maladie avait été réduite de 92% entre les années 2000 et 2008.
Il en est, selon lui, de même pour la poliomyélite, dont le taux d’incidence a été réduit de 99% mais qui pourrait repartir à la hausse en raison d'une plus faible surveillance et de campagnes de vaccination restreintes.
![]() | Source AFP modifié le 15/09/2010 |













