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Les cliniques veulent gérer les hôpitaux publics en déficit

 

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Les organisations représentatives des cliniques privées ont réclamé jeudi la mise sous administration provisoire des hôpitaux publics en déficit et ont proposé d'en assurer la gestion, comme dans d'autres pays, déclenchant une salve de protestations de la communauté hospitalière publique.

 

Un panneau signalant l'entrée d'un hôpital

Source photo : François Nascimbeni [AFP/Archives]


Les présidents de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) et de sa branche médecine-chirurgie-obstétrique Jean-Loup Durousset et Lamine Gharbi ont demandé au ministère de la Santé de "faire jouer la transparence et de publier la liste des hôpitaux publics en déficit au cours des cinq dernières années ainsi que le montant des subventions publiques allouées au titre des contrats de retour à l’équilibre (CRE) pour combler leurs déficits".

Ils ont cité notamment les "cas récents" d'hôpitaux dont le déficit a été ainsi épongé, selon eux, comme ceux de Lens (Pas-de-Calais), Forbach et Saint-Avold (Moselle), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Amiens (Somme), et Le Blanc (Indre).

"L’hôpital public doit devenir plus efficient pour trois raisons: il coûte cher à la collectivité dans son fonctionnement quotidien, il est plongé dans une culture du déficit d’exploitation et, enfin, il fait gonfler la dette sociale aux frais des cotisants sociaux, sans s’interroger sur son fonctionnement: recrutement de fonctionnaires, absentéisme record" a souligné Lamine Gharbi.

La gestion des hôpitaux déficients doit être confiée au privé si besoin, estiment les représentants du privé. Ceux-ci vantent la productivité des cliniques alors que, selon eux, la Sécurité sociale leur paye 22% de moins que les hôpitaux pour des soins identiques.

Les hôpitaux représentent, selon la FHP, 42% du budget de l'assurance maladie. Depuis 2007, leur déficit cumulé s’élève à environ 3 milliards d’euros et en sept ans l’encours de leur dette a plus que doublé, passant de 10,1 milliards à 24 milliards d’euros en 2010.

Les représentants des cliniques ont rappelé que la Cour des Comptes et les chambres régionales ont déjà pointé des exemples de gaspillage et de dysfonctionnements. Mais, "apparemment, cela n’émeut personne et tout continue comme avant", ont-t-ils déploré.

"Nous sommes prêts à aider dans leur gestion les hôpitaux déficients, voire à en assumer la gestion financière, comme cela se fait déjà ailleurs en Europe, en Suède ou en Grande-Bretagne par exemple", a indiqué Lamine Gharbi.

"La vérité des chiffres doit sortir", a-t-il dit à l'AFP, affirmant que 17% seulement des effectifs du public étaient des personnels soignants, contre 37% pour les cliniques.

"Un tiers des anesthésistes français travaillent dans le privé et réalisent 60% de l'activité", a-t-il ajouté.

Cette attaque en règle du privé contre le public a entraîné une vive réaction de ce dernier.

La Fédération hospitalière de France (FHF), mais aussi une vingtaine de syndicats médicaux et d'autres personnels soignants ont signé un texte commun dénonçant les arguments du privé, qui démontrent sa "volonté de faire main basse sur les fonds de l'assurance maladie" et accusant la FHP de vouloir "sauver les actionnaires des cliniques sur le dos de l'hôpital".

AFPSource AFP
modifié le 27/01/2012