Les conditions de travail se sont dégradées à l'hôpital public, selon une étude
Les conditions et l'organisation du travail dans la fonction publique hospitalière se sont fortement dégradées, a affirmé mardi la fédération CFDT de la santé qui a mené une vaste enquête auprès de quelque 40.000 personnels paramédicaux.

Source photo : Fred Dufour [AFP/Archives]
Si cette enquête confirme des constatations déjà connues, elle rapporte aussi, fait assez rare, les critiques des personnels soignants à l'égard des médecins dans la façon dont ils organisent le travail dans les services.
"La situation est assez catastrophique (...) les personnels nous disent qu'ils n'arrivent plus à faire leur métier comme ils devraient le faire", a indiqué au cours d'une conférence de presse Nathalie Canieux, secrétaire générale de la CFDT Santé-sociaux.
Selon cette étude, 71% des aides soignantes, infirmières et autres puéricultrices et sage-femmes estiment que leur travail a "un effet négatif sur leur santé".
Ce qui dégrade le plus les conditions de travail, c'est le travail en "effectif minimum" (62% des personnels interrogés), le mode de gestion des absences (54%), les rappels sur les repos (42%), ou encore l'accroissement des tâches administratives (39%).
L'organisation médicale est fortement critiquée et les médecins ne sont pas ménagés.
Ainsi 59% des personnels reprochent aux médecins de maintenir le nombre de prises en charge des patients sans tenir compte de l'effectif, 54% de faire les prescriptions par téléphone, 43% de les solliciter pendant la pause, 42% de refuser de se déplacer quand ils sont de garde.
"On ne peut pas continuer à penser que dans de telles conditions le service est à la disposition du médecin quand il veut et comme il veut", a estimé Mme Canieux.
"On pense qu'ils (les médecins) sont conscients que ça va pas mais ils ont tendance à dire +mettez moi plus d'effectifs+ sans jamais se dire qu'ils pourraient travailler autrement", a-t-elle ajouté.
"On attend la tournée du médecin, on attend ses prescriptions, ses décisions et pendant ce temps là ça traîne", a poursuivi la responsable CFDT, estimant qu'il y a des améliorations à trouver dans ce domaine de l'organisation si les médecins consentent à en discuter.
La CFDT critique aussi les directeurs d'hôpitaux qui sont "socialement responsables". "Comment peut-on tolérer des taux d'absentéisme quelque fois de 10% sans se poser la question de savoir si c'est gérable", s'est interrogée Mme Canieux.
![]() | Source AFP modifié le 05/05/2011 |













