Les généralistes face au cancer : "on apporte une écoute"
"Ce qu'on apporte avant tout c'est une écoute, on est présent pour répondre à l'angoisse" : les médecins généralistes, souvent dépourvus face à un cancer et à son traitement, apparaissent pourtant comme un maillon indispensable dans le parcours de soins.

Source photo : Marc Le Chelard [AFP/Archives]
La Ligue contre le cancer organisait jeudi la première Rencontre nationale des médecins généralistes face au cancer, après avoir mené une enquête auprès de 565 médecins.
Il ressort du sondage que pour 65% d'entre eux les cancers sont en forte progression dans leur activité, du fait notamment du vieillissement de leurs patients. Ces derniers se plaignent auprès de leur médecin des effets secondaires des traitements, de l'anxiété, de la fatigue.
"Ils viennent nous voir pour de l'acné consécutif au traitement, des vomissements", dit le Dr Julien Gohier, qui exerce à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne).
Face au personnel hospitalier, ils se sentent souvent sous-informés de l'état de leur patient et pensent qu'ils auraient besoin d'une formation sur la maladie. "La place du médecin généraliste dans la prise en charge des cancers n'est pas reconnue à sa juste valeur", estiment 70% des praticiens interrogés.
Le plan cancer 2009-2013 leur donne pourtant le rôle essentiel de "référent de proximité". Selon la Ligue, les départements les moins bien pourvus en généralistes affichent des taux de décès par cancer supérieurs à la moyenne. "Ils sont les piliers de la prévention et des campagnes de dépistage", souligne Jean Néhorai (Ligue/Oise).
La Ligue cite aussi l'épouse d'un malade, qui indique que pendant la maladie de son mari le généraliste "est venu chaque semaine en consultation à domicile et restait chaque fois près d'une heure" à écouter ses questions et ses angoisses.
Pour le Dr Gohier, c'est cela le rôle du généraliste : "une écoute, un soutien psychologique, de la réassurance", leur dire qu'"ils ne sont pas seuls dans leur prise en charge". Le généraliste est un "artisan", face à une médecine "hyper technique", celle des cancers, dit-il. "Souvent on est démuni, face à un drame humain".
Il y a aussi le problème de l'heure passée et de son coût : "c'est une demande de temps et d'énergie délirante, avec une prise en charge par la Sécurité sociale très modérée", dit-il. "Ce n'est absolument pas rémunéré à la hauteur".
![]() | Source AFP modifié le 10/10/2010 |













