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Les Indiens sont plus riches, mais aussi en moins bonne santé

 

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Les Indiens s'enrichissent mais les nouveaux styles de vie qu'ils adoptent, mauvais pour la santé, pourraient réduire leur durée de vie et menacer la croissance économique du pays, selon une étude de la revue britannique The Lancet publiée mardi.

 

Dans les rues de Bombay, le 23 décembre 2010

Source photo : Sajjad Hussain [AFP/Archives]


Selon une étude sur le système de santé indien publiée dans la prestigieuse revue médicale, un groupe de médecins estime que le progrès économique provoque dans un premier temps des aspects négatifs pour le système de santé sous-développé.

Le développement entraîne normalement une amélioration de la santé des citoyens, grâce à un environnement plus sain, mais "la situation socio-économique en rapide amélioration de l'Inde est associée à une réduction de l'activité physique et à une augmentation des taux d'obésité et de diabètes", met en garde l'étude.

Avec plus d'argent en poche, les Indiens font moins d'exercice, mangent gras et ont des comportements à risque en conduisant plus vite sur les routes notoirement dangereuses du pays, souvent sous l'emprise de l'alcool.

"Le modèle qui émerge en Inde est caractérisé par un style de vie nocif pour la santé dans la première phase de développement socio-économique", souligne un article de l'étude sur les maladies chroniques et les blessures, conduit par Vikram Patel, médecin à Goa (sud).

Selon les auteurs, les maux des nouveaux riches, dont le nombre s'accroît chaque année, ne peuvent être combattus que par l'éducation. Les mauvaises habitudes s'estompent une fois que les consommateurs deviennent conscients des risques pour leur santé.

L'importance des blessures et des maladies -- respiratoires ou cardiaques, les cancers et diabètes -- qui absorbent les ressources limitées des hôpitaux, peuvent être diminuées grâce à l'éducation, aux médicaments ainsi qu'à une taxation de l'alcool et du tabac.

The Lancet estime que l'Inde se situe dans la première phase d'une "épidémie de maladie chronique". Aujourd'hui, un Indien sur cinq est atteint d'une maladie chronique tandis qu'un sur dix souffre de plus d'une maladie.

"De nombreuses maladies chroniques peuvent être traitées par des médicaments génériques peu coûteux et des changements de mode de vie", assure l'article de M. Patel. "Et si rien n'est fait maintenant, les souffrances évitables et les décès auront un impact sur le développement économique".

Selon l'étude dirigée par S.V. Subramanian, de la Harvard School of Public Health à Boston, les dépenses de santé précipitent chaque année 39 millions d'habitants sous le seuil de pauvreté.

Les auteurs critiquent le système de soins en Inde; ils relèvent que les frais engagés par les particuliers représentent 71,1% des dépenses globales de santé, les assurances et le secteur public ne prenant en charge qu'une très faible partie des dépenses.

L'étude de The Lancet, présentée mardi à New Delhi, plaide pour que l'Inde augmente ses dépenses publiques en matière de santé pour les faire passer de 1,1% du Produit intérieur brut à 6% d'ici 2020, grâce à de nouvelles taxes sur le tabac, l'alcool et les produits gras.

AFPSource AFP
modifié le 11/01/2011