Les médecins scolaires tirent la sonnette d'alarme
Surcharge de travail, salaire insuffisant, crise du recrutement: les médecins scolaires dont les missions sont fondamentales pour prévenir les troubles de l'apprentissage et déceler la souffrance des élèves ont demandé mardi une revalorisation de leur carrière.

Source photo : Antoine Parat [AFP/Archives]
Ils ont décidé de faire grève et de manifester à Paris, à l'appel des syndicats SNMSU-Unsa Education, SNAMSPEN-UCMSF et du SMEDEN-FO, alors qu'une délégation était reçue au ministère par la directrice générale des ressources humaines.
Interrogé, le ministère n'a pas souhaité réagir.
"Nous sommes persuadés du bien-fondé de cette cause. Au fond, même nos responsables en sont persuadés. Maintenant il faut passer aux actes, il y a urgence, nous attendons les actes", a dit le Dr Corinne Vaillant lors d'une conférence de presse.
"Ce n'est pas dans notre nature de descendre dans la rue mais il nous paraît très urgent d'alerter la population, nos responsables et nos dirigeants car nous avons suffisamment d'éléments pour dire aujourd'hui que la médecine scolaire est en grande difficulté", a-t-elle dit.
Des rapports de la Cour des comptes et du Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques "préconisent une médecine scolaire renforcée et rénovée", rappellent les médecins présents à la conférence de presse, derrière une banderole proclamant "Médecine scolaire, non à sa disparition".
Le président Sarkozy "nous a promis la lune mais le corps (des médecins scolaires) a diminué de moitié au cours de son quinquennat", a déploré le Dr Marie-Christine Veneau.
L'équipe de campagne de François Hollande a indiqué soutenir les médecins scolaires, critiquant "la politique de désengagement de Nicolas Sarkozy".
Les médecins partent à la retraite et ne sont pas remplacés car il y a un manque d'attractivité en termes de rémunération, a dit Mme Vaillant.
D'ici à 2019, 42% des médecins scolaires partiront à la retraite, et actuellement 220 postes sont vacants. Le département de l'Indre n'a qu'un seul médecin scolaire. Et le Dr Pierrette Salvaing, retraitée, "a repris une journée de vacation par semaine".
"Bientôt, je pense que l'on va faire du conseil téléphonique et on ne pourra plus rencontrer les familles", a ironisé Mme Vaillant.
Une "revalorisation minimale" des salaires est la "première exigence": "il est anormal qu'un médecin de l'Education nationale soit embauché à un salaire inférieur à celui d'un interne", a dit le Dr Michelle Mas (SNAMSPEN).
Il perçoit 1.750 euros bruts par mois après une dizaine d'années d'études, une formation spécifique, un concours professionnel et un an de stage professionnel supplémentaire, a renchéri Mme Vaillant.
"Un décret qui devait être publié fin 2011 devait enclencher une nouvelle dynamique de carrière, le consensus semblait acquis", a-t-elle dit. Le décret sera publié avant la fin avril, a dit Mme Vaillant à l'AFP.
La médecine scolaire est "un outil précieux": "On est dans la prévention des troubles des apprentissages, fondamentale pour éviter l'échec scolaire, et dans la prévention de la souffrance psychique", "nous mettons aussi en place des projets d'accueil individualisé pour des enfants malades et porteurs de handicap", a-t-elle ajouté.
"Je m'occupe de 10.000 enfants sur cinq communes différentes. Cela représente une cinquantaine d'établissements scolaires, de la maternelle à la terminale, et dans chaque classe, il y a au moins deux enfants en perdition d'apprentissage", a dit Mme Veneau.
"J'ai diagnostiqué cette année deux enfants atteints du syndrome d'Asperger (autisme de haut niveau) que j'ai pu orienter vers un hôpital", a-t-elle ajouté.
![]() | Source AFP modifié le 09/02/2012 |













