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Les médecins tissent leur toile sur internet

 

Ma santé

 

Télémédecine, nouveaux services d'information médicale ou de conseil santé via internet : la colonisation des nouvelles technologies par les médecins s'accélère, mais les règles propres à leur profession demeurent, martèle le Conseil de l'Ordre.

 

Le centre de réception et de régulation des appels du 15, à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon, le 15 janvier 2009

Source photo : Fred Dufour [AFP/Archives]


Une feuille de soins de la Sécurité sociale

Source photo : Mychèle Daniau [AFP/Archives]


Jacques Lucas, chargé des systèmes d'information en santé au Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM), fait d'abord clairement la distinction entre téléconseil et télémédecine, même si "un certain nombre de sites surfent sur cette ambiguïté".

La télémédecine est "un acte médical", souligne-t-il auprès de l'AFP. "La télémédecine, c'est l'exercice réglementé de la médecine, avec l'utilisation des technologies de l'information et de la communication, et le décret est extrêmement clair là-dessus."

Mais le décret encadrant la télémédecine, paru à l'automne dernier, a aussi créé un buzz sur l'e-santé, favorisant les initiatives commerciales en marge de la télémédecine à proprement parler.

Par exemple le "cabinet médical en ligne intelligent" : avec ce service, la société Sans Rendez-Vous propose aux professionnels de santé de laisser leurs patients prendre rendez-vous via son site internet, depuis leur ordinateur ou leur smart phone.

Il existe aussi un service "d'information médicale délivrée par des médecins disponibles par téléphone 24 heures/24 et 7jours/7". Il est proposé par Wengo Santé, développé en partenariat avec la plateforme de télésanté H2AD et accessible en ligne.

"On ne fait pas de consultation ou de diagnostic par téléphone", affirme le président d'H2AD Paul Verdiel. Il reconnaît cependant que certains utilisateurs peuvent en être "frustrés".

Le service, facturé 2,50 euros la minute, est assuré par "des médecins salariés qui ne touchent aucune rémunération variable et ont quasiment tous une activité de terrain".

L'objectif est "de répondre à des interrogations sur des maladies, des symptômes, ou des termes mal compris", indique Paul Verdiel. "Ca répond à un vrai besoin. On est sûr de dialoguer avec un médecin, sûr de la réponse", ajoute-t-il.

MédecinDirect, "service spécialisé de conseil en médecine", cible lui prioritairement les assureurs et complémentaires santé (Assurances du Crédit mutuel par exemple), ainsi que depuis peu les entreprises. Du coup, le service est gratuit pour l'adhérent ou le salarié des organismes et sociétés clientes.

Là encore, pas question de "diagnostic ni de prescription", assure un des co-fondateurs, Frédéric Dussauze. Pour le moment, huit généralistes, qui ont tous une activité traditionnelle par ailleurs, répondent par mail signé. Le service devrait s'étendre très prochainement au téléphone, mais aussi donner accès à des médecins spécialistes (cardiologue, pédiatre...).

Il répond à trois types de préoccupations, indique le Dr Dussauze : de l'information générale, sur des questions d'actualité (comme l'iode après les événements au Japon), la pré-consultation -"on prépare à la consultation"-, ou l'après-consultation -"on réexplique, on recadre et on évite ainsi une part de nomadisme médical".

Les médicaments arrivent en tête des questions posées, précise son autre co-fondateur François Lescure.

Ces sites doivent afficher clairement qu'il ne s'agit pas de consultation médicale, souligne le Dr Lucas, tout en confirmant que "la frontière peut se trouver parfois un peu ténue" entre conseil et consultation.

"A partir du moment où un médecin usant de sa qualité de médecin intervient, il engage sa responsabilité, et par conséquent c'est un impératif déontologique que cette responsabilité soit couverte par une assurance en responsabilité civile", ajoute-t-il.

AFPSource AFP
modifié le 23/03/2011