Les personnes âgées subissent trop d'allers-retours entre maison de retraite et hôpital
Les personnes âgées subissent trop souvent des allers-retours entre hôpital et maisons de retraite, ce qui contribue à les fragiliser encore davantage, constate une étude publiée mercredi portant sur 300 maisons de retraite privées de plus de 50 lits.

Source photo : Loic Venance [AFP/Archives]
Mise au point par le pôle gérontologique du CHU de Toulouse, l'étude constate que 70% des personnes entrant en maisons de retraite viennent (ou reviennent) de l'hôpital, tandis que 70% des patients sortants y sont dirigés.
"La boucle EHPAD/hôpital/EHPAD" (Etablissement d'accueil pour personnes âgées dépendantes) "conduit à une fragilisation des patients et à un accroissement de leur dépendance pourtant déjà très lourde", avance cette étude copilotée par le Pr Bruno Vellas, responsable du "gérontopôle" de Toulouse et réalisée par l'institut Kantar Health (ex-TNS).
"Trois indicateurs (chute, immobilisation en lit ou en fauteuil et perte de poids) augmentent de façon très nette après une hospitalisation", poursuit l'étude mettant en avant un cercle vicieux: plus de patient est fragilisé, plus il risque de retourner à l'hôpital et ainsi de suite.
Pour autant, "ces nombreuses hospitalisations des résidents s'avèrent indispensables", estime aussi cette étude, portant sur plus de 2.200 patients.
Rarement programmée (22% des cas), l'hospitalisation est "décidée le plus souvent en urgence" et 60% des personnes hospitalisées passent par les urgences, avant, généralement de rejoindre un autre service, tandis que seuls 21% passent par un service spécialisé de gériatrie.
L'étude "met aussi en évidence une surconsommation de psychotropes": 70% des résidents entrants ou sortants sont traités par au moins un psychotrope (antidépresseurs...)
Toutes ces observations ont aussi "pour conséquence une charge de travail croissante des personnels des EHPAD", observe aussi l'étude.
Pour améliorer la situation, il faudrait "augmenter la médicalisation des maisons de retraite" pour mieux prendre en charge certaines pathologies et "améliorer les relations entre hôpitaux et maisons de retraite pour que les patients aient accès aux consultations des spécialistes" par exemple, a expliqué le Pr Vellas à l'AFP.
![]() | Source AFP modifié le 02/06/2010 |













