Les radiologues s'inquiètent du retard de la France en IRM et scanners
Les radiologues s'inquiètent du retard important de la France -à la traîne en Europe- pour l'équipement en IRM et scanners qui, estiment-ils, peuvent représenter une source d'économies substantielles, notamment en jours d'hospitalisation.

Source photo : Maigrot [Ircad/AFP/Archives]
A l'occasion des Journées françaises de radiologie, qui se tiennent jusqu'à mardi à Paris, Jean-Pierre Pruvo, secrétaire général de la Société française de radiologie, a rappelé que la France, avec 8,7 IRM par million d'habitants, se classait en queue du peloton européen, "entre le Portugal et la Turquie".
"C'est quatre fois moins que l'Allemagne, et deux fois moins que l'Espagne et l'Italie", a-t-il souligné vendredi devant la presse. Et loin derrière le Japon, champion du monde, et les Etats-Unis.
De ce fait, les attentes sont en moyenne en France de 34,6 jours, soit 5,3 jours de plus qu'en 2005. Les durées varient selon les régions, dépassant 55 jours dans les Pays de la Loire, en Poitou-Charentes et en Alsace. Le dernier plan cancer préconise une attente de 10 jours.
A ce jour on compte en France, selon le Pr Pruvo, 543 appareils d'IRM (Imagerie par résonance magnétique) et 800 scanners. Les IRM sont utilisées pour le cerveau, la moëlle épinière, les tumeurs, le système cardio-vasculaire -en général pour les tissus mous- et les scanners pour l'expertise dans le cadre de l'urgence, le thorax, les poumons, les coronaires...
Le parc trop réduit impose des attentes aux patients, en moyenne de 35 jours pour les IRM et de 20 pour les scanners. Et des coûts qui vont avec, notamment en attente à l'hôpital ou en arrêts de travail. Le scanner permet des "économies considérables, du fait d'un diagnostic plus précoce et d'un suivi moins long à l'hôpital", note le Pr Patrice Taourel.
"Si on fait les bons examens au bon moment, on fait des économies", dit le Pr Pruvo.
Pour éviter que les patients subissent une radio standard avant un scanner ou une IRM, les radiologues prônent en outre l'installation de "plateaux techniques complets", avec IRM, scanner, appareil de radiologie conventionnelle et d'échographie.
Ces plateaux existent déjà dans les CHU, les grands hôpitaux et les grosses cliniques, "mais ils ne sont pas assez dimensionnés, pas diversifiés", estime le Pr Pruvo.
Au CHRU de Lille, il estime que l'installation d'une IRM dédiée aux urgences a permis de réduire de plus d'une journée les séjours pour lesquels une IRM est prescrite, et de 3/4 jours les séjours pour les suspicions d'accident vasculaire cérébral admises aux urgences.
Le scanner, qui correspond à 10% des actes réalisés en France en radiologie, fournit 60% de l'irradiation. Si une radio conventionnelle du thorax correspond à 3 jours d'irradiation naturelle, un scanner du thorax fournit l'équivalent de 2,5 années d'irradiation naturelle, celui de l'abdomen 5 ans. Avec les IRM il n'y a aucune irradiation.
Les Journées de la radiologie porteront aussi notamment sur les évolutions technologiques en imagerie telles que l'angio-mammographie, l'élastographie, (qui se base sur les propriétés élastiques des tissus), la tomosynthèse mammaire numérique (qui permet de voir les lésions cancéreuses derrière les tissus normaux), ainsi que sur l'imagerie cardiothoracique.
![]() | Source AFP modifié le 25/10/2010 |













