Les substances antiadhésives augmentent les maladies de la thyroïde
Les composés perfluorés (PFC), comme le perfluorooctane sulfonate (PFOS) et l'acide perfluoro-octanoïque (PFOA), sont des substances chimiques qui repoussent l'eau et les graisses, et que l'on retrouve dans un grand nombre d'objets courants : poêles antiadhésives, moquettes antitaches, textiles imperméables, emballages alimentaires, etc.
Ces composés étant inertes, ils n’étaient pas considérés comme dangereux. Or cette inertie justement fait que leur durée de vie est très longue, une dizaine d’années environ, et qu’ils s’accumulent progressivement dans l’organisme. Résultat, on retrouve des composés perfluorés dans le sang de tous les Français. Or, ils commencent sérieusement à être suspectés d’être des perturbateurs endocriniens (particulièrement le PFOA) et d’avoir un impact sur la fertilité. Une nouvelle étude associe les composés perfluorés à une augmentation du risque de maladie de la thyroïde. Cette étude a porté sur près de 4.000 volontaires ayant accepté des dosages sanguins de PFOA. Ceux qui avaient les taux les plus élevés voyaient leur risque de développer une maladie de la thyroïde multiplié par deux, par rapport à ceux ayant les taux les plus bas. Concernant le taux de SPFO, une augmentation moindre du risque thyroïdien a été retrouvée chez les hommes, mais pas chez les femmes.
Pour l’instant l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) considère ce risque « négligeable ». Pourtant, le 30 septembre 2009, le réseau Environnement santé (groupement d’ONG, de scientifiques et de professionnels de santé) a demandé l’arrêt de l’utilisation de cette substance…

Auteur : ISABELLE EUSTACHE
Source : Melzer D. et coll., Environ. health Perspect. Research., 20 janvier 2010.Source image : Fotolia












